Que faut-il retenir du discours d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire

On attendait beaucoup son discours. Depuis la base militaire de l’Ile Longue dans le Finistère, Emmanuel Macron a dit, lundi 2 mars, que la France commençait lentement une nouvelle phase dans le nucléaire militaire, qu’il a appelée « dissuasion avancée ».
Cette réunion qui a lieu tous les cinq ans était très attendue après le début de l’attaque israélo-américaine en Iran samedi. Franceinfo vous résume les points principaux.
Emmanuel Macron a dit que la guerre contre l’Iran, lancée par les États-Unis et Israël, causera de l’instabilité et des problèmes près de nos frontières. Dans ce contexte, le président a dit qu’il allait augmenter les capacités nucléaires de la France. « Nous devons renforcer notre sécurité nucléaire face aux menaces et réfléchir à notre stratégie en Europe, tout en respectant notre indépendance, en mettant en place progressivement ce que je nommerai une dissuasion avancée », a déclaré le président devant le sous-marin nucléaire Le Téméraire.
Nous traversons en ce moment une période difficile au niveau géopolitique, et nos concitoyens en sont bien conscients. Cette période nécessite de rendre notre modèle plus strict, a dit le président, qui voulait rassurer sur les compétences françaises.
Le président a aussi dit que les « nouvelles priorités des États-Unis » étaient une raison de renforcer la défense de la France et de l’Europe. Les Américains continueront de « jouer un rôle important dans la défense de l’Europe » grâce à « la mission nucléaire de l’Otan », a-t-il dit.
En réalité cette stratégie va entraîner plus de têtes nucléaires, a-t-il indiqué. La quantité de ces ogives pour les missiles restera secrète pour protéger les intérêts de la France. Emmanuel Macron a déclaré : « Nous ne donnerons plus de chiffres sur notre arsenal nucléaire, contrairement à avant, pour éviter toute spéculation. »
Mais, il ne s’agit pas de commencer une course à l’armement. « Ce n’est jamais notre façon de penser », a-t-il dit. D’après les dernières informations du ministère des Armées, la France a « au moins 300 têtes nucléaires ». Le président a aussi annoncé le nom du futur sous-marin nucléaire qui sera prêt en 2036. Il s’appellera L’Invincible.
Pour être forts, il faut être unis, a dit Emmanuel Macron, voulant que les Européens contrôlent mieux leur avenir. La « dissuasion avancée » que veut le président se fera aussi grâce à des partenariats avec huit pays européens intéressés : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. « Nous parlons aussi avec d’autres pays et cela continuera dans les semaines et les mois prochains », a dit le président.
Concrètement, les pays européens pourront « participer aux entraînements » de la France, et la France pourra envoyer des ressources stratégiques à ses alliés selon les besoins. Des « forces aériennes stratégiques » de l’armée de l’air française pourraient « se répartir dans toute l’Europe » pour « rendre les choses plus difficiles pour nos ennemis », a-t-il dit. Cette « dissuasion avancée » comprendra aussi des actions de signalement, comme montrer nos capacités nucléaires, même en dehors de nos frontières. Cela inclut aussi la participation de forces alliées, qui ne sont pas nucléaires, à nos activités nucléaires.
De plus, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France vont collaborer sur des projets de missiles très longs sans armes nucléaires, pour renforcer la défense européenne. Le président français a expliqué que cela nous offrira de nouvelles options pour gérer les tensions de manière conventionnelle. Cette collaboration fait partie du projet Elsa, qui signifie approche européenne de frappes de longue portée. Ce projet a commencé en 2024 et inclut également l’Italie, la Pologne et la Suède.
Cependant, il a souligné que la décision de lancer des frappes nucléaires et de définir ce qui est crucial pour le pays appartiendrait seulement au président de la République. La possibilité de partager le « parapluie nucléaire » français est vivement critiquée par certains qui s’opposent à Emmanuel Macron.
