Des chercheurs américains ont mesuré notre vitesse déplacement en milieu urbain

Il ne s’agit pas d’une légère accélération, mais d’une augmentation de la vitesse de marche de 15 % par rapport aux années 1980. Au moins dans les villes de New York, Boston et Philadelphie, pour lesquelles des données précises sur les piétons sont disponibles.
L’étude a été réalisée par une équipe composée de chercheurs de l’université de Yale et du MIT. Les chercheurs ont examiné des enregistrements vidéo datant des années 1980 réalisés par un urbaniste qui s’était penché sur les interactions sociales dans l’espace public. Ils ont enregistré des vidéos des mêmes lieux 40 ans plus tard, puis ont procédé à une analyse des images en utilisant des techniques d’intelligence artificielle.
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Les chercheurs anticipaient des variations, cependant, l’écart de 15 % observé a dépassé leurs attentes. Lorsqu’on se déplace dans la rue, nous sommes souvent pressés. Le stéréotype de l’existence agitée des citadins n’a jamais été aussi fidèle à la réalité.
On observe également une diminution de l’activité de flânerie, avec une baisse de 14 % du nombre de personnes qualifiées de « flâneurs » par les chercheurs, définis comme ceux marchant à une vitesse inférieure à 0,5 mètre par seconde, soit 1,8 km/h.
En revanche, la solitude persiste toujours, avec un taux de personnes marchant seules qui a à peine augmenté, passant de 67 % à 69 %.
Les chercheurs ont examiné diverses hypothèses afin d’identifier la source de cette accélération. Par exemple, l’augmentation des revenus urbains aurait contribué à accélérer le rythme de vie, rendant ainsi le temps plus précieux. La prolifération des cafés, qui proposent des espaces sociaux plus conviviaux, à l’abri des intempéries et de la chaleur, est un facteur important.
En effet, la conséquence de notre rythme de vie effréné est une diminution de la fréquence des rencontres dans l’espace public, entraînant également une baisse du nombre d’interactions sociales. Les rues sont désormais de simples voies de circulation, y compris celles qui ont été aménagées pour offrir un cadre plaisant.
Ce n’est plus dans ces lieux que les individus se rencontrent et organisent leurs interactions sociales, en raison de la popularité croissante des téléphones portables. Voici la transformation majeure des quatre dernières décennies. La gestion de notre vie sociale s’exprime à travers nos interactions téléphoniques et influence notre comportement dans l’espace public.
Il reste à déterminer si cette observation est généralisable à l’échelle mondiale. Actuellement, les chercheurs sont en train de recueillir des images de 40 villes en Europe, une fois leur méthode testée. Il sera intéressant d’observer si la vitesse de marche des Parisiens est comparable à celle des New-Yorkais.
