Macron : un chef de l’Etat ne devrait pas faire ça

Macron : un chef de l'Etat ne devrait pas faire çaMacron : un chef de l’Etat ne devrait pas faire ça. En se plaignant auprès de Gérard Larcher du travail de la commission d’enquête du Sénat, le président de la République démontre davantage sa fébrilité envers l’affaire Benalla.

Un président de la République peut-il, sous couvert de défense de la séparation des pouvoirs, interférer dans le travail d’une commission d’enquête parlementaire en contestant, auprès du président du Sénat, la légitimité de la convocation pour une audition sous serment d’un ancien chargé de mission de l’Elysée, parallèlement mis en examen ?

Mais au Palais du Luxembourg, où LR dispose de la majorité, le scénario est moins contrôlable et la commission d’enquête présidée par Philippe Bas, lui-même ancien secrétaire général de l’Elysée, s’était dès le départ ouvert la possibilité de poursuivre ses travaux durant six mois.

Au départ, Philippe Bas s’était pourtant dit réticent à convoquer Alexandre Benalla pour ne pas gêner le travail judiciaire – précisément l’argument brandi par la ministre de la Justice dès le mois de juillet et encore ces derniers jours, tout comme par le chef de l’Etat dans son échange avec Gérard Larcher rapporté par l’Obs.

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Comme si le ministre du Budget fraudeur fiscal, Jérôme Cahuzac, en son temps, mis en examen, n’avait pas été entendu par deux fois en 2013 devant la commission d’enquête qui s’était alors constituée à l’Assemblée.

Comme si mercredi, le commissaire de police Maxence Creusat, mis en examen pour avoir remis à Benalla, au soir des révélations du Monde, des images de vidéosurveillance de la place la Contrescarpe le 1er mai, n’avait pas été auditionné au Sénat.

Au fond, alors qu’Alexandre Benalla, qui n’avait en fait pas tellement le choix, a fini par dire qu’il se rendrait bien à sa convocation de mercredi prochain tout en dénonçant y être «contraint», l’attitude de l’Elysée comme du chœur macronien donne le sentiment que le Palais craint, plus que tout autre parole dans ce dossier, celle de son ancien de chargé de mission.

Cela ne suffit pas à rassurer l’Elysée, qui affirme que les réponses du directeur de cabinet et du secrétaire général de l’Elysée en juillet se suffisent à elles-mêmes et témoignent de sa collaboration sincère au travail de la commission.

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