Emmanuel Macron choisit la confrontation à la démonstration

Emmanuel Macron choisit la confrontation à la démonstration Alors qu’il avait de quoi restaurer de la confiance chez les étudiants, le chef de l’État a préféré, jeudi, fustiger la «défiance» des Français, taxés de «procureurs» qui «traqu[ent] l’erreur».

«Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs», a lancé Emmanuel Macron dans une sortie qui en rappelle une autre : fin août 2018, au Danemark, soit quelques mois avant la crise des gilets jaunes, le chef de l’État avait comparé le «peuple luthérien» qui a construit un système social de flexisécurité aux Français, ces «Gaulois réfractaires au changement».

Car Emmanuel Macron était venu à Saclay avec des mots pour les étudiants en grande difficulté sociale et psychologique du fait de la crise sanitaire qui dure, mais aussi avec deux mesures : le financement de deux repas pour 1 euro (au lieu d’un seul actuellement) dans les restos U et la création d’un «chèque psy».

La vraie question : pourquoi donc le président de la République a-il jugé pertinent de la prononcer ? «Les prochaines semaines, je vais être honnête avec vous, vont être assez dures», a prévenu Macron jeudi à Saclay.

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A l’aube d’un possible troisième confinement, voire d’une nouvelle fermeture des écoles, soit une nouvelle douche froide après l’espoir d’un retour à la normale grâce à l’arrivée des vaccins, est-ce en traitant les Français de «procureurs» que celui qui est censé garantir «l’unité» de la nation compte obtenir plus de «confiance» et moins de «défiance» ? Sûrement pas.

On aurait préféré entendre un chef de l’Etat félicitant, plutôt, le peuple d’accepter des choix difficiles et leur prouver que leurs efforts paient. Mais non, plutôt qu’une démonstration ou des félicitations, Macron a encore choisi la confrontation.

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