Les policiers spécialisés dans la lutte contre le narcotrafic mettent à disposition un numéro de téléphone

Les policiers spécialisés dans la lutte contre le narcotrafic mettent à disposition un numéro de téléphone
Images dillustrations

Les agents de la récente unité opérationnelle de renseignement sur les drogues, spécifiquement dédiée au Havre et aux côtes normandes (Cross 76), ont récemment mis en place un numéro de téléphone permettant aux pêcheurs ou dockers de signaler les activités des réseaux criminels, selon des sources concordantes informées par franceinfo le lundi 24 novembre.

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Les agents de la brigade de lutte contre les stupéfiants partent d’une observation. En présence de métiers réputés pour leur cloisonnement, leur discrétion et leur méfiance – tels que les pêcheurs et les dockers – ils rencontrent de grandes difficultés à obtenir des informations sur les éventuels liens entre certains de leurs membres et les trafiquants de drogue. De surcroît, un événement a modifié la situation : une opération policière sans précédent en avril dernier, durant laquelle les forces de l’ordre spécialisées ont réussi à surprendre en flagrant délit des pêcheurs de Normandie, des individus malveillants du Havre et un individu soupçonné d’être affilié à une organisation criminelle albanaise. Tous les individus ont été appréhendés en flagrant délit alors qu’ils débarquaient plus de 600 kg de cocaïne sur les côtes normandes, après la récupération de ballots en haute mer. Onze individus ont été inculpés dans cette affaire, dont huit ont été placés en détention provisoire.

Depuis lors, les forces de l’ordre ont intensifié leurs efforts et s’efforcent de mener des actions préventives, notamment envers la communauté des pêcheurs, parmi lesquels certains pourraient être tentés de collaborer avec les trafiquants de drogue en mer, en les aidant à récupérer des colis de cocaïne largués par des navires en provenance d’Amérique du Sud. Selon une note interne de la police consultée par franceinfo, bien qu’aucun chiffre ne puisse quantifier l’implication des pêcheurs dans le narcotrafic, ces derniers sont « tout particulièrement ciblés ». C’est la raison pour laquelle les membres de la récente unité de renseignement opérationnel sur les stupéfiants, qui est spécifiquement dédiée au Havre et aux côtes normandes (CROSS 76), offrent dorénavant un numéro de téléphone aux pêcheurs, dockers et autres professions visées. La composition de cette cellule comprend un policier, une gendarme et un douanier.

Ce numéro de téléphone (06 38 17 68 00) est mis à la disposition de tout individu travaillant dans les ports afin de signaler des activités liées au trafic de drogue aux autorités policières. Si vous observez une voiture stationnée à plusieurs reprises devant votre domicile, n’hésitez pas à nous envoyer un message. Le major Baptiste Martinez-Casado explique à une vingtaine d’élus du comité des pêches de Normandie, lors d’une réunion de prévention à Caen, que leur équipe effectue des contrôles et leur fournira un soutien ainsi que des solutions pour se protéger des narcotrafiquants.

Le policier essaie de persuader un public peu réceptif et méfiant. Il met l’accent sur le caractère anonyme de ces informations en déclarant : « Préférez-vous que votre identité reste confidentielle ? » Cela ne pose pas de difficulté. « Vous transmettez la plaque d’immatriculation par message, et je m’occupe du reste en arrière-plan. » L’agent leur prodigue des recommandations en les incitant à mémoriser le véhicule, la description de l’individu, et à envisager la possibilité de prendre une photo tout en évitant de se mettre en danger. Selon une note de police, l’insistance de ce policier à obtenir des renseignements « d’origine humaine » indique que cela doit être considéré comme une priorité.

Lors de son exposé devant les membres du comité des pêches de Normandie, ce policier est rapidement interrompu par des pêcheurs mécontents. La majorité d’entre eux sont partagés entre la peur de subir des représailles de la part des trafiquants de drogue et la crainte des répercussions négatives sur leur réputation professionnelle. Cependant, certains estiment qu’il est inacceptable de collaborer en dénonçant. Si votre intention est de nous demander de vous contacter dès que nous identifions une situation, il est peu probable que nous recevions un appel, car nous ne pouvons nous permettre de prendre ce risque. Un autre participant exprime également son point de vue en déclarant : « Nous ne souhaitons pas agir en tant qu’informateurs, nous ne voulons pas être des délateurs, parce que nous ne voulons tout simplement pas être importunés. » Un sentiment d’explication du fait que, jusqu’à présent, aucun message n’a été reçu par le numéro d’alerte établi par les autorités de la part des pêcheurs.

Il faut que chaque citoyen prenne ses responsabilités en aidant, autant que faire se peut, les forces de l’ordre sans se mettre en danger. Parce que dans le cas contraire les narcotrafiquants gagneront toujours et gangrèneront la société française.

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