Les climatosceptiques ajustent leurs discours afin de remettre en question la légitimité de la COP30

Les climatosceptiques ajustent leurs discours afin de remettre en question la légitimité de la COP30.
Image illustrative ShutterstockDazhi

Critique de l’État hôte, remise en question des énergies renouvelables, préoccupations concernant le coût économique des mesures climatiques… Au commencement de la 30ᵉ conférence de l’ONU sur le changement climatique à Belém, au Brésil, le 10 novembre, on observe un changement de stratégie dans le discours des opposants à la protection de l’environnement.

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Les internautes climatosceptiques remettent en question non seulement le consensus scientifique sur l’origine humaine du réchauffement climatique, mais s’attaquent également aux aspects du « coût économique » et de la « légitimité politique » de la transition écologique, comme observé par les journalistes d’Eurovision News Spotlight, un réseau de vérification des faits de l’Union européenne de Radio-Télévision (UER), dans une analyse publiée le 6 novembre.

En analysant 70 000 publications provenant de sept pays (Finlande, Espagne, Allemagne, Autriche, Royaume-Uni, Belgique) sur la plateforme X, entre le 1ᵉʳ mai et le 1ᵉʳ octobre derniers, le réseau européen de vérification des faits a identifié cinq stratégies principales de désinformation. Ces stratégies se déclinent en une dizaine de récits souvent inexacts ou trompeurs, conçus pour influencer l’opinion publique. En plus de remettre en question la légitimité de la conférence mondiale, ces récits stratégiques cherchent à entraver les politiques publiques de lutte contre le changement climatique, d’après Spotlight.

L’une des stratégies utilisées par les opposants à la COP 30 consiste à critiquer le Brésil, pays accueillant le sommet mondial. Selon Spotlight, la mise en place d’une logistique impressionnante pour l’événement, la déforestation de l’Amazonie et le soutien du président brésilien Lula à l’exploitation pétrolière sont des faits qui sont délibérément utilisés pour dépeindre le pays comme étant « fondamentalement hypocrite et corrompu ». Selon les vérificateurs de faits européens, ce récit s’inscrit dans une stratégie plus large visant à critiquer la gouvernance mondiale du climat et les élites. Ce genre d’attaque, qui repose sur la remise en cause de l’« intégrité morale » de la cible, cible également les militants et les organisations impliqués dans la protection du climat.

Le réseau européen repère d’autres stratégies de désinformation telles que la dépréciation des solutions de remplacement aux énergies fossiles, la propagation de l’anxiété concernant le coût économique de la transition écologique, et la réduction de l’importance des mesures prises en faveur du climat. Selon le réseau européen de vérification des faits, la campagne de déstabilisation dirigée contre la COP30 repose sur divers « leviers psychologiques », tels que le biais de confirmation, qui se manifeste par la propension à mémoriser les informations corroborant nos convictions ou notre affiliation politique.

Les énergies renouvelables sont souvent perçues comme étant onéreuses, peu efficaces, voire plus polluantes que les énergies fossiles. De plus, l’objectif de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050 est perçu comme une charge financière considérable pour les pays qui l’ont accepté.

Ces stratégies reflètent les arguments avancés par les responsables politiques eux-mêmes. En septembre 2023, lors d’un discours, l’ancien Premier ministre conservateur britannique Rishi Sunak a exprimé l’opinion selon laquelle il était « injuste » d’imposer des charges financières aussi lourdes aux travailleurs, expliquant ainsi le revirement du pays concernant ses engagements en matière climatique. Selon une étude des universités d’Helsinki et de Wroclaw, la droite nationaliste polonaise a également utilisé ce type d’argument populiste. Une autre étude européenne propose la théorie du « nationalisme énergétique », qui soutient que les objectifs mondiaux en matière de climat sont perçus comme une « idéologie » mettant en péril la souveraineté nationale.

D’autre part, la notion inéluctable du dépassement du seuil de 1,5 °C de réchauffement climatique, tel qu’il a été défini par l’accord de Paris en 2015, ainsi que la perception répandue selon laquelle le changement climatique se produit de manière « lente » et « graduelle », peuvent être utilisées comme arguments en faveur de l’inaction, comme le souligne Spotlight. Les journalistes du réseau européen de vérification des faits résument que « des discours ciblés établis sur la peur sont abondants pour retarder les changements systémiques jusqu’à ce qu’il soit trop tard », et encouragent la communauté internationale à « anticiper la prochaine stratégie » de ses détracteurs climatosceptiques.

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