“Nous approchons dangereusement des limites planétaires”

Johan Rockström le père de la théorie sur les limites planétaires

Les scientifiques du service de Mercator Océan international notent que certaines zones marines, particulièrement riches en biodiversité, connaissent une acidification plus rapide que la moyenne mondiale, ce qui aggrave les risques pesant sur des espèces déjà vulnérables.

Des mers tropicales jusqu’aux pôles, en traversant les étendues marines, les océans connaissent une détérioration croissante de leur état. Lors de la parution de son neuvième rapport sur l’état de l’océan, le service Copernicus Marine a mis en garde, le mardi 30 septembre, contre la rapidité de la dégradation de ces derniers.

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Durant l’année précédente, les services de Mercator Océan International ont observé et analysé une accélération, phénomène documenté annuellement dans le rapport sur l’état de l’océan, qui résume les connaissances de la communauté scientifique marine européenne. Selon Karina von Schuckmann, la directrice du rapport, l’étude met en lumière des événements sans précédent, des tendances s’accélérant et des impacts croissants sur les écosystèmes marins et les sociétés.

Le directeur général de l’organisation intergouvernementale, Pierre Bahurel, a réagi en soulignant que ce nouveau rapport confirme que nous nous rapprochons dangereusement des limites planétaires. Chaque zone océanique est actuellement affectée par la triple crise planétaire. Il est important de noter que la crise climatique, la crise de la biodiversité et la crise environnementale causée par la pollution marine, en particulier par les déchets plastiques, sont interconnectées.

Les océans, en absorbant 90 % de l’excès de chaleur provenant des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, exercent un rôle de régulateur du climat terrestre. Selon le rapport, depuis les années 1960, le réchauffement des océans s’est accéléré, ce qui témoigne d’un déséquilibre préoccupant du système terrestre lié au changement climatique. Les températures de surface ont même atteint un nouveau record de 21 °C au printemps 2024.

Le rapport met en évidence que des épisodes de chaleur marine d’une intensité et d’une durée exceptionnelles ont affecté une vaste étendue de l’océan en 2023 et 2024, dépassant de 0,25 °C les records précédents établis en 2015 et 2016. Copernicus met en garde contre le fait que certaines régions de l’Atlantique ont subi plus de 300 jours de conditions de canicule marine sur une année en 2023.

Les températures élevées contribuent à l’acidification des océans, ce qui entraîne une augmentation de l’acidification dans certaines zones marines riches en biodiversité, dépassant ainsi la moyenne mondiale. Cela aggrave les risques pesant sur des espèces déjà vulnérables. Au-delà d’un seuil critique, la concentration en ions hydrogène de l’eau de mer atteint un niveau corrosif pour les structures squelettiques et les coquilles des coraux, des moules, des huîtres, et autres organismes marins. En outre, les déchets plastiques provenant de tous les continents affectent toutes les zones sans exception. Selon le rapport, ils polluent actuellement tous les bassins océaniques.

Alors que les leaders mondiaux ont échoué en août à élaborer un traité pour lutter collectivement contre la pollution plastique, la directrice du neuvième rapport sur l’état des océans, Karina von Schuckmann, souligne que le but de ce rapport scientifique est d’informer les décisions prises par les autorités européennes en matière de préservation des océans. Selon elle, cette expertise ne se limite pas à un simple avertissement, mais constitue un guide pour rétablir l’harmonie entre l’humanité et les écosystèmes marins.

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