Gazole : le gouvernement sous pression face à un prix exorbitant

Le prix du gazole atteint en moyenne 2,20 € le litre le mercredi 1ᵉʳ avril, établissant ainsi un nouveau record inégalé depuis 1985. Serait-il possible d’envisager une augmentation supplémentaire et, le cas échéant, jusqu’à quel seuil ? En réalité, tout dépendra de la durée pendant laquelle le détroit d’Ormuz restera bloqué. En cas de prolongation du conflit, il est probable que les prix augmentent rapidement. En l’espace d’un mois, le tarif du litre de gazole a enregistré une hausse de 30 %. D’après les données du ministère à la fin du mois de mars, le montant s’élevait à 2,19 €. Nous atteignons des niveaux records, dépassant même les sommets observés au début de la guerre en Ukraine. En mars 2022, le prix du litre de gazole s’élevait à 2,14 €.
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La sensibilité du sujet est renforcée par la forte dépendance de notre économie au gazole. En 2024, la consommation de diesel s’élèvera à 28 millions de tonnes, soit trois fois plus que celle d’essence qui atteindra 11 millions de tonnes. Concernant l’essence, la situation est la même. Le prix du carburant sans-plomb 95 approche les 2 euros par litre. Il est également difficile de prédire l’ampleur de l’augmentation des prix.
D’après certains économistes, il est envisageable que le prix du baril de pétrole atteigne les seuils de 120, 130, voire 150 dollars. Par ailleurs, la Commission européenne ne se montre pas plus optimiste. Le mardi, elle a exposé que la situation était susceptible de se détériorer et a encouragé les États membres à diminuer leur consommation de pétrole. En particulier en réduisant leurs déplacements, en favorisant le covoiturage. En imposant une limitation de vitesse d’au moins 10 km/h sur les autoroutes, en promouvant le télétravail ou en limitant les voyages en avion.
En attendant, la majorité des États européens ont principalement mis en place des mesures visant à alléger la charge financière des conducteurs, telles que la réduction des taxes sur les carburants ou la limitation des prix. En France, le gouvernement restreint son soutien à certains secteurs spécifiques. La situation deviendra de plus en plus complexe à mesure que les prix des carburants augmenteront. Comment pouvons-nous procéder puisque nos finances sont déficitaires ? Le gouvernement est réticent à s’engager de nouveau dans une politique de type « quoi qu’il en coûte ». C’est la raison pour laquelle il octroie des aides ciblées aux secteurs les plus vulnérables, notamment les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs.
Cependant, il est soumis à une pression. Le mercredi 1ᵉʳ avril, en après-midi, Sébastien Lecornu a convoqué une réunion avec des ministres. L’objet initial de la réunion porte sur la question du carburant. Il est envisageable qu’il étende les subventions à d’autres domaines tels que les infirmiers libéraux, les aides à domicile ou certains artisans du secteur de la construction.
