Les producteurs français tentent de s’adapter face à la forte demande en œufs

Les producteurs français tentent de s'adapter face à la forte demande en œufs
La consommation d’œufs, qui est la source de protéine animale la plus économique sur le marché, est en constante augmentation en France, avec une croissance annuelle de 5 % depuis 2022. Nous devons augmenter la production tout en considérant les attentes des consommateurs, en particulier concernant le bien-être animal, tout en maintenant des prix abordables. Une équation complexe que les éleveurs s’efforcent de résoudre.

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Olivier exerce la profession d’éleveur de volailles en Maine-et-Loire. Avant lui, les générations précédentes de sa famille pratiquaient l’élevage de poules en cage. Lorsqu’il a pris la relève, il a saisi l’opportunité de cette transition pour abolir l’élevage en cage et mettre en place un système d’élevage au sol. En tant que producteur, mon rôle consiste à répondre à la demande des consommateurs en produisant les biens qu’ils souhaitent acquérir. Accorder une plus grande liberté à 150 000 poules implique un surcroît de travail pour Marine, l’épouse d’Olivier. Elle explique : “Il peut arriver que certains animaux aient des difficultés à trouver leur nourriture et leur eau, ou encore que des poules se livrent à des comportements agressifs envers les autres.” De manière occasionnelle, des altercations mineures surviennent. La situation est un peu plus complexe que lorsqu’il était en captivité.

Particulièrement plus coûteux. Olivier a consacré une somme supérieure à 2,5 millions d’euros à la modernisation de son exploitation agricole. Dans le souci du bien-être animal, la densité de poules par mètre carré a été réduite de 15 %. Selon Alice Richard, directrice de l’interprofession, il est inévitable que ses œufs soient plus coûteux, et les consommateurs ne sont pas toujours disposés à les acheter, comme ce fut observé pendant la période d’inflation. D’une part, il existait de fortes attentes sociétales en faveur d’alternatives aux cages, tandis que, d’autre part, en période d’inflation, les consommateurs se sont rapidement tournés vers les œufs les moins coûteux. Ainsi, il est particulièrement ardu de s’adapter à la filière en raison de signaux contradictoires.

Dans de telles circonstances, comment peut-on persuader les éleveurs de contracter des dettes ? Olivier a trouvé une solution en collaboration avec Brioche Pasquier, leader français dans la production de brioches tressées. Tous les œufs sont acheminés vers l’atelier de production établi par les frères Pasquier eux-mêmes, situé à proximité de Cholet. L’objectif est de conclure des contrats avec nos fournisseurs pour une durée pouvant aller jusqu’à dix ans. L’objectif est de pouvoir effectuer des achats à des prix avantageux, déclare Nicolas Pidoux, spécialiste des œufs chez Brioche Pasquier. Cependant, des mesures sont prises pour garantir que les éleveurs puissent également subvenir à leurs besoins financiers. Il s’agit du principe de la loi Egalim. Ce principe a été établi bien avant l’adoption de la loi. Ainsi, tous les trimestres, des discussions ont lieu concernant le prix des aliments, ce qui conduit à l’établissement d’un nouveau prix pour les œufs. Brioche Pasquier achète ses œufs à des prix variables tous les quatre mois, conformément au principe établi avec ses éleveurs.

Cependant, la production nationale d’œufs en France couvre juste 95 % de la demande intérieure. Ainsi, l’importation d’œufs représente un défi majeur pour l’industrie. Selon Yves-Marie Beaudet, président du Comité national de la promotion de l’œuf (CNPO), un plan stratégique à l’horizon 2030 a été élaboré au sein de la filière. Ce plan prévoit la construction de 300 nouveaux bâtiments pour l’élevage de poules pondeuses afin de garantir une souveraineté nationale en matière d’œufs, avec un objectif de quasi-autosuffisance. Le montant de l’investissement s’élève à 300 millions d’euros. L’appel est lancé, et il est destiné à tous les intéressés.

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