Liquidation judiciaire de Brandt : le projet de reprise de Thomson Computing

Liquidation judiciaire de Brandt : le projet de reprise de Thomson Computing
Liquidation judiciaire de Brandt

Le flou persiste chez les employés de Brandt. Le patron de Thomson Computing a présenté un projet de reprise du principal site du groupe d’électroménager de Saint-Jean-de-la-Ruelle, en liquidation judiciaire, pour relancer la production et conserver les employés et les clients, a déclaré le maire d’Orléans Serge Grouard. Cependant, rien n’est encore décidé.

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Stephan Français, homme d’affaires, prévoit de maintenir une partie de la production d’électroménager et d’ajouter la fabrication de produits électroniques à l’usine Brandt, en conservant initialement 150 salariés sur les 350 employés précédemment. Selon la « maîtrise des coûts » et les résultats, on embauchera plus, jusqu’à 250 salariés en cinq ans, a-t-il déclaré.

Stéphan Français veut capitaliser sur l’expérience de son entreprise, héritière lointaine de Thomson. En 2013, cet ex-employé de Surcouf avait signé un contrat de licence avec Technicolor pour la marque Thomson, utilisée par TCL pour les téléviseurs. Son entreprise produit des ordinateurs bas de gamme.

L’offre doit être examinée par le liquidateur judiciaire et le tribunal de Nanterre. L’homme d’affaires prévoit d’investir 25 millions d’euros pour acquérir le savoir-faire des marques Brandt, les stocks et reprendre des salariés. La mairie d’Orléans a indiqué à l’AFP que 9 millions d’euros seraient apportés par des entités publiques et qu’un tour de table avec les banques était en cours.

Même dans le meilleur des cas, cette option ne sauverait pas tous les emplois du groupe d’électroménager, affecté depuis des décennies par divers problèmes, dont la concurrence chinoise. La liquidation judiciaire concerne trois autres marques françaises d’électroménager détenues par Brandt : Vedette, Sauter et De Dietrich. En tout, 700 emplois en France sont en danger.

Brandt a une usine à Vendôme (Loir-et-Cher) avec 93 employés. L’entreprise a son siège à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et un service après-vente à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

En décembre, la justice avait rejeté un projet de Scop soutenu par Revive et la majorité des salariés pour sauver 370 emplois et les marques Vedette, Sauter et De Dietrich. L’État et des collectivités étaient prêts à mobiliser 20 millions d’euros. “Faute de temps pour convaincre les banques de la viabilité du projet, le maire d’Orléans regrettait le manque de quatre millions.”

Avec cette nouvelle offre, la CGT du Loiret tempête : « Nous ne sommes absolument pas satisfaits de l’annonce de Thomson Computing qui garderait seulement 150 salariés sur les 700 du groupe Brandt », a réagi Pascal Sudre, secrétaire départemental de la centrale, mercredi sur franceinfo. Le syndicat refuse tout licenciement, encore moins des centaines. Pascal Sudre demande d’étudier attentivement la proposition et organise une table ronde dans le Loiret avec tous les acteurs concernés, y compris les acteurs locaux, les collectivités territoriales, la CGT et le ministre de l’Industrie.

Le représentant syndical veut que le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, rencontre tous les acteurs locaux et prenne des engagements. Il demande à la préfecture de protéger les usines du Loiret et du Loir-et-Cher pour garantir la viabilité du projet.
Appel d’offres imminent.

Le maire d’Orléans estime qu’il faut se satisfaire de l’offre de Thomson Computing. Ainsi, « on part de rien ». « Actuellement, il n’y a aucun employé », affirme le maire. Il presse pour agir vite avant que les clients se tournent vers d’autres marques. « Il faut agir rapidement pour dire : ‘Non, Brandt, ce n’est pas fini’ », soutient-il.

Le gouvernement préfère temporiser. « Toute piste de reprise doit être examinée attentivement, sans être considérée comme acquise sans analyse approfondie », a déclaré Sébastien Martin. « L’État s’engage pleinement à soutenir le projet le plus solide pour les salariés et les territoires », a ajouté le ministre de l’Économie, Roland Lescure, sur Bluesky.

«Évitez les annonces pouvant décevoir les salariés », prévient le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, interrogé par l’AFP. Un appel d’offres pour reprendre l’usine d’Orléans sera lancé en janvier, selon le ministère de l’Économie.

Mi-décembre, le ministre de l’Industrie avait évoqué la possibilité d’un projet industriel pour Brandt, mais pas nécessairement dans l’électroménager. La préfète travaillait sur de nouvelles destinations pour les sites d’Orléans et de Vendôme. Le président de la région Centre-Val de Loire a mentionné la fabrication de drones et a évoqué d’autres possibilités.

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