Canicule : les scientifiques constatent avec désolation les effets sur les fonds marins

Canicule : les scientifiques constatent avec désolation les effets sur les fonds marins

Comme d’habitude, le bateau a jeté l’ancre dans cet endroit aux airs de paradis, au large de l’île Maïre, au cœur du parc national des calanques. Mais sous l’eau, le paradis baigné de lumière devient enfer, sous les yeux d’un Olivier Bianchimani catastrophé. Le directeur de l’association Septentrion Environnement est le premier à remonter sur le Cromagnon.

Les bouteilles encore sur le dos, Olivier Bianchimani demeure sonné. Son collègue Tristan Estaque, plongeur scientifique au sein de l’association, sort à son tour la tête de l’eau. « C’est chaud, hein ? lance Olivier Bianchimani, hébété. » « Un massacre, souffle Tristan Estaque.

Avant, il y avait un mur de gorgones. » Les victimes de ce massacre massif, ce sont, en effet, les fonds marins, et plus particulièrement les gorgones, ce corail de couleur rouge emblématique de la faune de la Méditerranée. Hier légion dans les fonds du parc national des calanques, cet animal, très sensible aux fortes chaleurs, a massivement et subitement disparu au large de Marseille, au milieu du mois d’août. Soit après plusieurs semaines d’une eau anormalement chaude en raison de la canicule dans les Calanques, avec des pics à 27 degrés.

L’alerte a été donnée à l’association par des clubs de plongée de la région il y a une dizaine de jours. « Des directeurs de club de plongée m’appelaient pour me dire que des palanquées remontaient de l’eau en pleurs », raconte Solène Bastard, la directrice adjointe de l’association. Épaulée de chercheurs et du parc national des calanques, les membres de l’association ont organisé à la hâte une série de plongées, pour en avoir le cœur net. A peine sortis de l’eau, Tristan Estaque et sa collègue Justine renfilent leurs palmes, à la recherche de la précieuse gorgone.

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« Tout est nécrosé ou presque, raconte Tristan Estaque. » « D’habitude, à la fin de l’été, on a 10 à 15 % de mortalité des gorgones. » Une mortalité qui pourrait en entraîner d’autres, quand on sait que les gorgones constituent un habitat naturel pour de nombreuses espèces. « Les gorgones sont devenues blanches, et tous les poissons qui s’abritaient ici ne sont plus là, regrette Tristan Estaque. »

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