Mme Ursula von der Leyen va appliquer unilatéralement l’accord du Mercosur

En France, c’est une mauvaise surprise. Emmanuel Macron a critiqué l’annonce d’Ursula von der Leyen sur l’application provisoire de l’accord UE-Mercosur sans le vote du Parlement européen. Le président de la République a critiqué le « choix unilatéral » de la Commission européenne, soulignant sa responsabilité envers les agriculteurs.
En milieu de journée, la présidente de la Commission européenne a déclaré que l’Union européenne mettrait en œuvre l’accord commercial, malgré les réserves de la France et le vote des eurodéputés pour saisir la justice européenne à la fin de janvier. Lors d’une brève allocution à la presse, la dirigeante a expliqué avoir pris cette décision après avoir discuté en profondeur avec les États membres et les élus du Parlement européen durant les dernières semaines.
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La ministre de l’Agriculture française, Annie Genevard, a regretté la décision du Parlement européen, jugée non conforme au respect attendu. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a qualifié ce choix de « déni de démocratie ». Sur franceinfo, Stéphane Galais, éleveur et porte-parole de la Confédération paysanne, a dénoncé « un scandale démocratique ».
Le ministre allemand des Affaires étrangères a salué la décision de la Commission européenne, soulignant que cela apportera « prospérité et croissance ». Johann Wadephul s’est réjoui de l’accord « historique » sur X, affirmant que c’est « l’heure de l’Europe » pour une prospérité et une croissance accrues pour les entreprises et les citoyens des deux continents.
En janvier, la plupart des États européens ont soutenu cet accord commercial entre l’UE et un groupe de pays sud-américains, y compris l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. La France, comme la Hongrie, la Pologne, l’Irlande et l’Autriche, avait voté contre.
Paris demandait un vote des Vingt-Sept pour empêcher l’application provisoire du traité avant sa ratification parlementaire. Une déclaration sur le sujet a été retirée de l’ordre du jour par la présidence chypriote du Conseil de l’UE, à la demande de l’Allemagne. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, avait approuvé cette démarche inédite. La CJUE a expliqué à franceinfo en janvier qu’un tel cas ne s’était jamais produit.
Mme von der Leyen ne travaille pas pour l’Europe mais principalement pour l’Allemagne. Comment justifier son excès de pouvoir, sachant les réserves de la France et le vote des eurodéputés pour saisir la justice européenne à la fin de janvier ? M. Macron porte également une responsabilité en indiquant être d’accord avec le traité du Mercosur lorsqu’il se situe à l’étranger et lorsque celui-ci se trouve être en France, il n’est plus d’accord avec le traité !
