Oléoduc : Greenpeace sommée de verser 345 millions de dollars

Un magistrat de l’État américain du Dakota du Nord a prononcé, le vendredi 27 février, la condamnation de l’organisation non gouvernementale Greenpeace à payer 345 millions de dollars de réparations à l’exploitant d’un pipeline contre lequel elle s’était opposée, comme indiqué dans une copie du jugement consultée par l’AFP. Cette décision représente un revers majeur pour l’organisation engagée dans la lutte contre le changement climatique, qui a dénoncé dans cette affaire les tentatives d’un acteur américain de l’industrie pétrolière de la réduire au silence en la ruinant.
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La décision, exceptionnelle dans l’histoire des organisations non gouvernementales environnementales, met en péril la survie même de l’organisation emblématique engagée dans la défense de l’environnement. La décision confirme le verdict rendu par un jury en mars 2025, qui a attribué la responsabilité de la plupart des accusations portées par le groupe Energy Transfer à trois entités de Greenpeace. Elles ont été condamnées par la justice à payer une somme dépassant les 665 millions de dollars. Ce montant exceptionnel a été ultérieurement réduit par le magistrat, qui a identifié une double comptabilisation de certains dommages. Cependant, sa grandeur reste impressionnante.
Energy Transfer, une entreprise spécialisée dans les infrastructures pétrolières et gazières, a attribué à Greenpeace un rôle prépondérant lors de vastes manifestations en 2016 et 2017, s’opposant à la construction d’un pipeline. Les allégations ont été contestées par l’organisation non gouvernementale ainsi que par les représentants autochtones engagés dans cette mobilisation. Elle avait intenté un procès contre trois entités de Greenpeace pour divers délits tels que diffamation, nuisance, et violation de propriété privée, et demandait des dommages et intérêts sans précédent.
L’organisation non gouvernementale, qui a affirmé à plusieurs reprises son incapacité à acquitter un tel montant, a exprimé son intention de faire appel. Cette affaire judiciaire est loin d’être close. Cette semaine, Kristin Casper de Greenpeace International a annoncé que nous solliciterons une nouvelle instance judiciaire et, à défaut, interjetterons appel de la décision devant la Cour suprême du Dakota du Nord.
