Les syndicats craignent la répétition du scénario de l’assurance-chômage

SyndicatsL’abandon provisoire de l’inscription dans la réforme des retraites d’un âge pivot appelé à atteindre 64 ans dès 2027, formalisé dans le courrier envoyé samedi par Edouard Philippe aux partenaires sociaux a été aussitôt salué par la CFDT et l’Unsa.

C’est une « victoire pour la CFDT », s’est félicité dans un tweet son numéro un, Laurent Berger, qui s’était engagé personnellement dans ce bras de fer. Ceci étant une victoire provisoire.

« Je le concède », admet, sous couvert d’anonymat, un dirigeant syndical qui demande le retrait de la réforme. Mais, ajoute-t-il, « c’est une victoire à la Pyrrhus ».

CGT, FO, CGC, FSU et Solidaires -, on insiste sur le fait que l’âge pivot n’a pas disparu de la réforme. « A terme, il y aura bien un âge d’équilibre », souligne Yves Veyrier, le leader de FO. Et de fait, la lettre d’Edouard Philippe y fait d’emblée référence.

Laurent Berger le reconnaît : « Le retrait de l’âge pivot est une victoire, mais c’est aussi une part de risque ».

« Avec le courrier du Premier ministre, l’idée d’âge collectif a pris un sacré coup », estime la CFDT, quand les opposants à la réforme parient toujours sur une application des 64 ans dès 2027.

Rappelant qu’une hausse des cotisations serait « inimaginable », Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a affirmé dans le « JDD » pouvoir « envisager des dispositions plus individualisées qu’un âge pivot universel, mais à la fin il faudra que ça boucle financièrement ».

« La confiance a bien été écornée ces dernières années », résume-t-on à la CFDT, tout en soulignant que « ces dernières 48 heures, ils semblent avoir fait de sacrés progrès ».

Mais chacun garde en mémoire l’échec de la négociation exigée par l’exécutif début 2019 à l’Unédic, le gouvernement reprenant alors la main sur les règles d’indemnisation.

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