Téléconsultations : les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes y recourent davantage

Téléconsultations : les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes y recourent davantage
Une étude portant sur l’utilisation et les raisons d’utilisation de la téléconsultation est publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) en collaboration avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), en se basant sur les données recueillies dans l’enquête sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) et le baromètre d’opinion de la Drees.

En 2024, une proportion de 15 % des individus âgés de 18 ans et plus ont indiqué avoir utilisé la téléconsultation au moins une fois au cours des douze mois précédents. Les individus jeunes, les détenteurs de diplômes de l’enseignement supérieur, les individus bénéficiant d’un niveau de vie élevé et ceux qui sont en bonne santé sont plus enclins à utiliser la téléconsultation.

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Lorsqu’ils sont questionnés sur les raisons les incitant à recourir à la téléconsultation, les participants mentionnent des délais d’attente excessifs pour obtenir un rendez-vous en personne, l’urgence de la consultation, ainsi que la nécessité de renouveler une ordonnance ou un certificat médical.

En 2023, une proportion de 73 % des participants à l’enquête considère que les téléconsultations représentent un outil efficace dans la lutte contre la désertification médicale. Cependant, la téléconsultation n’est pas uniquement perçue de manière positive : plus de 80 % des individus estiment qu’elle déshumanise la relation entre le patient et le médecin, et plus de 60 % pensent qu’elle accroît le risque de divulgation de données personnelles de santé. En conclusion, 42 % des individus considèrent que la téléconsultation devrait être permise exclusivement avec leur médecin référent, tandis que 31 % pensent qu’elle devrait l’être avec des médecins déjà consultés par le patient.

Les individus de moins de 45 ans recourent à cela quatre fois plus fréquemment que les individus âgés de 60 ans ou plus, tandis que les individus ayant un diplôme de l’enseignement supérieur le font en moyenne deux fois plus souvent que ceux ayant un CAP ou un BEP. Les télépatients se distinguent également par leur niveau de vie élevé et leur bonne santé. Le lieu de domicile représente aussi un élément crucial. Les individus vivant dans les grandes agglomérations urbaines recourent à la téléconsultation plus que ceux résidant dans des zones moins peuplées. En 2024, 21 % des résidents des grandes villes ont recouru à la téléconsultation, comparé à 12 % des individus vivant dans des villes intermédiaires, de petites villes ou des zones périurbaines, et environ 10 % de ceux habitant en milieu rural, qu’il soit périurbain ou non périurbain.

Les patients qui consultent à distance citent le plus souvent les délais d’attente prolongés pour une consultation en personne comme principale raison (43 %), suivi par le besoin d’une consultation d’urgence (33 %) et la nécessité de renouveler une ordonnance ou d’obtenir un certificat médical (20 %) (voir graphique ci-dessous).

Concernant les individus qui n’ont pas utilisé la téléconsultation mais qui ont consulté un médecin lors des douze derniers mois, plus de deux tiers ont exprimé leur préférence de consulter un médecin en personne plutôt que virtuellement.

Une proportion plus élevée de patients à distance considère la téléconsultation comme un outil efficace pour combattre les déserts médicaux (85 %, par rapport à 71 % des patients ayant eu une consultation en personne ou n’ayant pas consulté). Il en va de même pour les individus vivant dans des zones rurales périurbaines ou dans des communes moyennement ou densément peuplées : 75 % des habitants de ces zones partagent cet avis, contre 60 % des résidents des zones rurales non périurbaines.
Cependant, pour la majorité des individus, les consultations à distance entraînent une déshumanisation de l’interaction entre le patient et le praticien. Cette perception est plus répandue parmi les individus n’ayant pas eu recours à la téléconsultation (85 %) et les individus âgés de 60 ans ou plus (88 %).

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