En 2025, la France a perdu plus d’usines qu’elle n’en a ouvert

En 2025, la France a perdu plus d'usines qu'elle n'en a ouvert
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En 2025, pour la deuxième année consécutive, la France a enregistré un solde négatif entre le nombre d’usines fermées et celui de nouvelles usines ouvertes, comme le rapportent en exclusivité ICI et l’Usine nouvelle le jeudi 12 février.

En détail, l’année dernière, la France a enregistré 124 cas de fermetures, liquidations, redressements ou procédures de sauvegarde, ainsi que 86 nouvelles ouvertures d’usines, auxquelles s’ajoutent 62 extensions. Il y a un total de 38 sites perdus. Ce constat défavorable est quelque peu moins grave que celui de 2024, qui avait enregistré la perte de 40 sites.

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D’après cette évaluation, plus de 10 000 emplois sont susceptibles d’être supprimés parmi les 124 sites en péril. Selon Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de l’Usine Nouvelle, cette situation est due à la crise économique ainsi qu’à des crises spécifiques dans des secteurs tels que l’automobile ou la chimie. Aucun domaine n’est désormais à l’abri de ces difficultés conjoncturelles.

Selon Emmanuel Duteil, le secteur agro-alimentaire, jusqu’à présent relativement préservé, est à présent confronté à des difficultés et rejoint la liste des secteurs en crise. Avec la menace ou la fermeture de 16 usines sur le territoire, ce secteur se positionne en tête des filières en difficulté. Les sociétés sont confrontées à l’augmentation des tarifs de l’énergie et des matières premières, cependant elles ne sont pas toujours en mesure de répercuter ces coûts, en raison de la concurrence acharnée dans le secteur de la grande distribution, visant à limiter les répercussions de l’inflation sur le consommateur.

La chimie et l’industrie automobile sont également parmi les secteurs les plus impactés. De nombreux fournisseurs d’équipement et de services dans le secteur automobile rencontrent des difficultés à l’échelle nationale. Le domaine de la production de matériaux de construction rencontre des défis majeurs en raison de la crise du secteur du bâtiment. Le secteur de la métallurgie, qui approvisionne en même temps l’industrie automobile et le secteur de la construction, est aussi en difficulté. La concurrence chinoise affecte particulièrement l’acier et l’aluminium. En dépit de l’engagement d’un investissement de 1,3 milliard d’euros pour moderniser son four électrique à Dunkerque, ArcelorMittal prévoit la suppression de 608 emplois répartis sur six sites en France, y compris 84 postes à Dunkerque (Nord) et 78 à Florange (Moselle). L’entreprise sidérurgique Novasco prévoit la fermeture de deux de ses sites situés dans l’est de la France, à savoir Hagondange (Moselle) et Custines (Meurthe-et-Moselle), en plus de celui de Saint-Étienne (Loire).

L’industrie textile est également affectée par la crise. Les sites de production encore présents en France sont confrontés à de sérieuses difficultés. La fabrication des chaussures de la marque Clergerie a cessé à Romans-sur-Isère (Drôme), les usines de transformation du lin Safilin ont fermé à Béthune (Pas-de-Calais), comme l’entreprise de confection de vêtements de travail TDV Textile à Laval (Mayenne).

En revanche, certains secteurs clés connaissent une croissance soutenue et prévoient de maintenir leurs activités de recrutement dans les années à venir, notamment ceux liés à l’économie numérique. On constate une augmentation des implantations des centres logistiques sur le territoire. Le domaine de l’énergie est en constante expansion, notamment avec le développement du secteur nucléaire et de ses installations telles que les centrales nucléaires. Des entreprises telles que Framatome, spécialisée dans la fabrication des cuves, et Orano, anciennement Areva, jouent un rôle clé dans ce développement. Les énergies renouvelables sont en expansion, malgré les défis rencontrés par le secteur solaire. Le domaine de l’économie circulaire, incluant le recyclage, est en plein essor en France, avec la participation de grandes entreprises telles que Veolia, Suez et Paprec. De nouvelles branches industrielles vont émerger, telles que le recyclage des terres rares présentes dans les batteries électriques, comme illustré par le projet Carester à Lacq, à proximité de Pau (Pyrénées-Atlantiques).

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Le secteur de la défense et de l’aéronautique maintient également une performance remarquable. Emmanuel Duteil souligne que la France occupe la deuxième place mondiale en termes d’exportations d’armes, grâce à la présence d’acteurs majeurs tels que Safran, Thales et Dassault. Le secteur aéronautique demeure une industrie majeure, caractérisée par la présence de plusieurs sites d’Airbus, tels que ceux situés à Toulouse (Haute-Garonne), Marignane (Bouches-du-Rhône), Saint-Nazaire et Nantes (Loire-Atlantique).

L’industrie du luxe, en particulier l’ultra-luxe, poursuit son expansion avec des acteurs majeurs tels que le groupe français LVMH et la maison Hermès. D’après Anne-Sophie Alsif, qui occupe le poste de cheffe économiste au cabinet-conseil BDO, le domaine va poursuivre son expansion à l’échelle internationale, en particulier dans des nations émergentes telles que l’Inde ou l’Afrique, où l’essor des classes moyennes et aisées est observé. Ces femmes devraient bénéficier d’une augmentation de leur pouvoir d’achat, ce qui les amènera à privilégier la consommation de produits de luxe à l’avenir.

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