Le 1ᵉʳ janvier lors de votre passage aux urgences vous devrez régler 20 euros

Le 1ᵉʳ janvier lors de votre passage aux urgences vous devrez régler 20 eurosÀ partir du 1ᵉʳ janvier, lors d’un passage aux urgences, chaque patient qui ne sera pas hospitalisé dans la foulée devra régler sur place une somme d’un peu moins de 20 euros. Un changement notable alors que jusqu’à présent, il fallait attendre plusieurs semaines pour recevoir une facture à son domicile, laquelle variait en fonction des actes pratiqués à l’hôpital et était prise en charge par les complémentaires santé dont bénéficient 95 % des Français. L’évolution contenue dans ce nouveau dispositif baptisé «forfait patient urgences» réside dans l’instauration d’un tarif unique et plafonné pour chaque passage aux urgences non suivi d’hospitalisation . Un montant minoré à 8,49 euros pour les femmes enceintes de plus de cinq mois et les personnes atteintes par une affection longue durée .

Et pour les enfants victimes de sévices, les victimes de terrorisme et les malades de la Covid soignés dans le cadre de l’urgence sanitaire, ils sont même exemptés des frais. Cette réforme n’est pas inattendue puisqu’elle découle des travaux menés en 2019 à la demande d’Édouard Philippe par le député LREM de la Charente et ancien urgentiste Thomas Mesnier avec le professeur spécialiste des urgences hospitalières Pierre Carli. D’ailleurs, ce dispositif, annoncé en octobre 2020 et voté dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2021, aurait dû entrer en vigueur dès septembre. Il a cependant été retardé à la demande de la Fédération hospitalière de France du fait des complexités informatiques qu’il engendre pour les hôpitaux ainsi que d’un contexte budgétaire spécifique lié à la pandémie de coronavirus.

Aurélien Sourdille, de la Fédération hospitalière de France confirme cette difficulté logistique pour certains établissements. « Il y a des infirmiers et des aide-soignants, qui sont avant tout là pour les soins, et dont ce n’est pas la mission première de passer une carte bleue.» De la même manière, explique-t-il, les hôpitaux ne sont pas «des supermarchés où il faut passer à la caisse», et il n’y a pas forcément de bureau de sortie suffisamment confidentiel dans lequel les patients pourront régler leur facture. Surtout, 95 % environ des Français disposent d’une complémentaire santé ou d’une aide équivalent .

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Ce qui signifie que toute cette partie de la population pourra faire jouer le tiers payant au moment de régler ses 19,61 euros aux urgences, et donc ne rien avoir à payer en dépit du nouveau système. Il leur faudra présenter leur carte vitale et leur carte de mutuelle, ce qu’on n’a pas toujours sur soi lorsqu’on arrive aux urgences après une blessure sur un terrain de sport ou un accident de la circulation. «Le 1ᵉʳ janvier, ce sont des agents des admissions, en première ligne de ce fait, qui vont devoir expliquer qu’à partir de maintenant, c’est payant. Et gérer la grogne qui va avec», anticipe une source en milieu hospitalier, évoquant de surcroît le contexte de sur-sollicitation des urgences et leur manque de moyens encore dénoncés jeudi 16 décembre au Sénat par le médecin François Escat.

Or alors que le nouveau système va entrer en fonction dans quelques jours se pose la question de l’absence de communication de la part des autorités sur le sujet. Sollicités par Le HuffPost, ni le ministère de la Santé ni l’entourage du Premier ministre Jean Castex n’ont apporté de précision à ce propos. Le député Thomas Mesnier, lui, évoque pour expliquer cette non-communication une mesure essentiellement «techno» . Une source hospitalière se demande toutefois quelles conséquences pratiques le forfait patient urgences peut avoir sur la santé des Français. «Il y a sûrement des gens qui n’iront plus aux urgences par peur de devoir payer, alors qu’il le faudrait.»

«À l’heure actuelle, si l’on passe des examens en plus de la consultation lors d’un passage aux urgences, la facture peut monter. Là, c’est simplifié à l’extrême et l’on sait immédiatement combien le patient doit régler. Et dans la plupart des cas, c’est sa mutuelle qui paiera.» Et pour ceux qui n’en ont pas, ce sera donc au personnel médical de gérer la transition d’un dispositif à l’autre.

Ce dispositif permettra-t-il d’empêcher les petits bobos de venir au urgence afin de désengorger les urgences ?

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