La SNCF va proposer des Corail Ouigo à prix cassés

La SNCF va proposer des Corail Ouigo à prix cassésDirectement dérivée de son aînée Ouigo lancée en 2013 sur la grande vitesse, elle va proposer aux passagers de voyager à bord de trains Corail, sur des lignes classiques – avec des temps de trajets plus long – mais avec un prix fixe, même en dernière minute. C’est le projet Oslo.

Cette expérimentation sera menée à partir du printemps 2022 sur deux lignes au départ de Paris. Ouigo Vitesse classique reliera ainsi Paris-Austerlitz à Nantes à raison de trois allers-retours quotidiens et Paris-Bercy à Lyon-Perrache avec deux allers-retours.

Cinq gares seront également desservies en Île-de-France afin d’offrir des trajets directs aux Franciliens sans repasser par Paris. Entre Paris et Nantes, les temps de trajets seront compris entre 3 h 30 et 4 h 15 selon les arrêts desservis, tandis qu’avec Lyon, ils atteindront 4 h 45 à 5 h 15.

En comparaison du TGV, il faudra environ 1h30 à 2h de plus pour rejoindre Nantes et 3h pour Lyon.

Avec cette offre, Alain Krakovitch, directeur de Voyages SNCF, se montre ambitieux. « Aujourd’hui, il n’y a que la route qui répond à ceux qui ont du temps et ceux qui n’ont pas beaucoup de sous.» Ouigo Vitesse classique entend donc se poser en concurrent direct des opérateurs de car, Flixbus et Blablacar en tête, qui séduisent par leurs tarifs d’appels attractifs.

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Pour le PDG de SNCF Voyageurs, en plus des avantages offerts en termes de confort, de temps de trajet, de sécurité ou de réduction des émissions de CO2, le ferroviaire devait donc trouver une offre « à prix canon » pour adresser ce marché. Avec Ouigo Vitesse classique, la SNCF remet donc à plat son système de tarification. Pas de yield management ici , mais un prix fixe tout au long de la période de réservation. Celle-ci sera de 45 jours, contre neuf mois pour le Ouigo Grande vitesse.

La SNCF n’a pas indiqué de prix pour un trajet en particulier pour l’instant mais, à titre indicatif, cela pourrait donner un Paris-Le Mans en période creuse à 10 €, tandis que le Paris-Nantes en période de pointe serait à 29 €. La part des revenus auxiliaires dans le chiffre d’affaires seront tout de même bien moindres que sur Ouigo Grande vitesse, où elle atteint 10 %.

Afin de viabiliser ces tarifs, Ouigo Vitesse classique va devoir opérer un grand tour de vis sur les coûts. L’objectif est d’atteindre une réduction de l’ordre de 30% par rapport à Ouigo Grande vitesse, dont les coûts de production du siège au kilomètre sont déjà 50 % plus bas que ceux du TGV. Une tâche hors d’atteinte dans le cadre de SNCF Voyageurs. Une nouvelle filiale, à 100 % SNCF, est donc en train d’être créée sous la direction générale de Cécile Boucaut pour assurer l’exploitation de Ouigo Vitesse classique.

Baptisée Oslo, elle sera chargée de développer un nouveau modèle de production. Autant de contraintes qui étaient plus faciles à résoudre hors de SNCF Voyageurs, d’où la création de cette nouvelle société ferroviaire qui possèdera son propre certificat de sécurité unique.

Oslo devrait employer un peu moins de 80 personnes, essentiellement des opérationnels. Sur ce volet social, Christophe Fanichet indique que les syndicats ont été informés en comité social et économique, mais que la création de cette filiale ne nécessite aucun processus d’information-consultation. Les autres leviers seront identiques à ceux appliqués chez Ouigo Grande vitesse, avec une maximisation de la rotation des rames et une optimisation de la maintenance.

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