Compte personnel de formation : le gouvernement veut faire des économies

Compte personnel de formation : le gouvernement veut faire des économiesBientôt la fin des formations professionnelles gratuites ? Le gouvernement a déposé un amendement à son projet de budget 2023, samedi 10 décembre. Ce dernier prévoit que les salariés devront désormais participer financièrement lorsqu’ils utilisent leur compte personnel de formation.

Ce reste à charge pourra être proportionnel au coût de la formation, dans la limite d’un plafond, ou fixée à une somme forfaitaire. Seuls les demandeurs d’emploi en seront exonérés.

Cette nouvelle mesure devrait entrer en vigueur rapidement, puisque l’amendement devrait être adopté via l’arme constitutionnelle du 49.3, en nouvelle lecture du budget par l’Assemblée nationale ces prochains jours. Un décret en Conseil d’État précisera ensuite les modalités.

Pour comprendre ce revirement du gouvernement, il faut remonter un peu en arrière. Depuis 2015, toute personne en activité âgée d’au moins 16 ans a accès à un CPF. Mais, la vraie révolution a eu lieu 2019, quand le travailleur n’a plus rempli son CPF avec des heures de formation, mais avec de l’argent. La cagnotte augmente de plusieurs centaines d’euros par an, selon le type d’emploi. Chaque personne peut ensuite choisir et payer directement en ligne sa formation.

La simplification du système de formation professionnelle, voulue par la majorité lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, a été un véritable succès. En près de trois ans, environ 5 millions de personnes ont été formées pour un coût total de quelque 7 milliards d’euros, selon la CDC (la Caisse des dépôts et consignations).

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«C’est la fin du quoi qu’il en coûte», a réagi auprès de franceinfo Angéline Barth, secrétaire confédérale de la CGT. La formation professionnelle est «un droit attaché à la personne, inaliénable, opposable à l’employeur et normalement finançable à 100 % pour le salarié», rappelle-t-elle. Elle dénonce «une mesure violente» pour les travailleurs, alors que les contributions des entreprises à la formation ont, elles, diminué depuis 2014.

Le boum des formations professionnelles a également engendré un autre phénomène que le gouvernement veut tenter de réduire avec cet amendement : les arnaques au CPF, communique franceinfo.fr.

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