Covid-19 : ces jours qui aurait pu tout changer ?

Le lendemain, mise au point d’Emmanuel Macron : “Le Conseil scientifique est dans son rôle, qui est technique”, mais c’est aux dirigeants politiques de “prendre des décisions”.
Puis, le 11 septembre, c’est le Premier ministre qui s’exprime après un Conseil de défense, alors qu’on attendait le ministre de la Santé Olivier Véran.”Je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est une occasion manquée”, soupire aujourd’hui l’épidémiologiste Dominique Costagliola. “C’est le moment de basculement, celui qui rend le crash inévitable”, renchérit le médecin généraliste Christian Lehmann au nom du collectif Du côté de la science.
C’est en se penchant sur ce qui n’a pas fonctionné que l’on évite, par la suite, de refaire les mêmes erreurs. Ainsi, selon plusieurs spécialistes, trois journées de septembre ont probablement constitué une fenêtre de tir idéale pour freiner la montée de la deuxième vague.
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Pour le Pr Costagliola, l’épidémie aurait alors peut-être pu être freinée avec des mesures moins fortes que le reconfinement annoncé ce mercredi.
“Au moment où ces décisions ont été prises, elles semblaient être celles qui s’imposaient à la situation”, objecte-t-on au ministère de la Santé, en mettant en garde contre les “raisonnements après coup”.”On constate aujourd’hui une généralisation de la propagation du virus liée à la baisse des températures, partout en Europe”.
Quand ça s’emballe, cela entraîne des mesures plus coercitives”, poursuit-on de même source, en citant les “mesures largement décriées” de fermeture des bars et restaurants à Marseille le 26 septembre.
Comme d’autres, il pointe “plusieurs erreurs” : la faible efficacité du dispositif pour tester/tracer/isoler les cas positifs, le fait que les mesures aient été égrenées pendant l’été (masque rendu obligatoire dans les lieux publics clos le 20 juillet, puis “systématisé” en entreprise le 1er septembre) ou un recours jugé insuffisant au télétravail.
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