Le taux de pauvreté en France a atteint un niveau record

Le taux de pauvreté en France a atteint un niveau record
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Alors que François Bayrou s’apprête à dévoiler les grandes lignes de son budget le 15 juillet, les chiffres récemment publiés par l’Insee, le 7 juillet, suscitent déjà des discussions. Une donnée marquante de cette étude sur le niveau de vie des Français est le taux de pauvreté, qui atteint un niveau record depuis 1996, année où l’institut a commencé ses calculs.

En France, plus de 15 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1 288 euros par mois. En 2023, cela représente près de 10 millions de Français, principalement des chômeurs et des familles monoparentales, dont de nombreux enfants. Cette augmentation est en partie due à la réduction des aides post-Covid, mais également à une stagnation des salaires face à l’inflation. Les travailleurs indépendants sont particulièrement vulnérables à cette situation, relançant ainsi le débat sur la question du travail qui ne rémunère plus suffisamment, voire qui offre moins de protection qu’auparavant.

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L’étude révèle également qu’après redistribution, les inégalités se creusent. Les niveaux de vie des 30 % les plus modestes diminuent, tandis que les 10 % les plus riches voient leur niveau de vie augmenter. Cela relance le débat sur l’efficacité du modèle social français, ainsi que sur les aides et les augmentations d’impôts. Dans ce contexte, le gouvernement insiste sur le fait qu’il n’augmentera pas les prélèvements pour réaliser 40 milliards d’euros d’économies.

Pierre Madec, économiste à l’OFCE, a récemment publié une étude sur ce sujet, soulignant que geler les prestations et le barème des impôts représenterait un effort de plus de six milliards d’euros pour les ménages français. D’un point de vue comptable, l’impact serait plus significatif pour les plus aisés. Les 5 % de ménage les plus favorisés verraient leur revenu disponible baisser de près de 400 euros sur l’année, contre moins de 100 euros pour ceux situés en bas de l’échelle. En termes de niveau de vie, ce sont les ménages les plus modestes qui subiraient la plus forte réduction de leur revenu en raison d’une « année blanche.»

Bien que François Bayrou s’engage à demander des efforts à tous, il sera probablement difficile d’exiger le même niveau d’effort et de contribution de chacun. L’Insee indique, par exemple, que le niveau de vie médian des retraités augmente plus rapidement que celui de l’ensemble de la population, car leurs pensions ont été ajustées à la hausse des prix, et même légèrement au-dessus. Bien que le taux de pauvreté parmi les retraités dépasse les 11 %, il reste nettement inférieur à celui de la population générale, qui frôle les 15,5 %. Au-delà des chiffres, toucher au niveau de vie des seniors, qui constituent un électorat important, est une question politiquement délicate.

Le taux de pauvreté atteint un record en France, le « ruissellement » était bien un mirage. En 2018, Emmanuel Macron défendait sa réforme de l’impôt sur la fortune en évoquant un effet de « ruissellement », visant à faire prospérer les plus riches pour profiter à l’ensemble de la société. Six ans plus tard, cette promesse semble avoir disparu. Une étude de l’INSEE révèle qu’il n’y a aucune amélioration pour les plus modestes en lien avec l’enrichissement des plus aisés. Au contraire, les inégalités se creusent, malgré la hausse des patrimoines les plus élevés. Pourtant, le gouvernement persiste à ne pas reconnaître son erreur. La mise en place de la taxe Zucman, pourtant réclamée par la population et soutenue par plusieurs lauréats du prix Nobel d’économie, est systématiquement rejetée par la classe politique, déterminée à protéger les moins de 2 000 ménages concernés par cette mesure. Sous la présidence Macron, « les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres toujours plus pauvres ».

François Bayrou fait face à une pression accrue. Dans une tribune parue le 7 juillet dans Le Monde, sept lauréats du prix Nobel d’économie ont plaidé en faveur de l’instauration d’un impôt minimum sur les patrimoines des plus riches en France, s’inspirant de la “taxe Zucman”. Cette proposition avait été rejetée par le Sénat en juin, alors que le pays explore de nouvelles sources de revenus.

Ces économistes de renommée internationale soulignent que « les ultrariches connaissent une prospérité sans précédent en France». Selon le magazine Forbes, les milliardaires à l’échelle mondiale détiennent des actifs représentant 14 % du PIB mondial, tandis que les Français possèdent près de 30 % du PIB national !

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