La filière du fromage Saint-Nectaire s’inquiète

L’excès de production de lait suscite des préoccupations parmi les intervenants de la filière du fromage AOP Saint-Nectaire, selon un rapport de France Inter daté du vendredi 6 mars. Devant un déséquilibre entre l’offre et la demande, la filière incite les éleveurs et les affineurs à réduire leur production. Depuis le mois de septembre, l’interprofession observe régulièrement des niveaux de stocks de fromage Saint-Nectaire fermier en cave dépassant de 15 % à 20 % la moyenne habituelle.
Selon Sébastien Ramade, président de l’interprofession du fromage Saint-Nectaire, les ventes restent stables, se situant au même niveau qu’en 2024 et 2023, tandis que tous les producteurs de la zone d’appellation transforment une quantité plus importante de fromage.
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En 2025, les conditions météorologiques ont été favorables dans les 69 communes de la zone AOP Saint-Nectaire, dont 50 se trouvent dans le Puy-de-Dôme et 19 dans le Cantal. Selon Sébastien Ramade, un producteur de Saint-Nectaire fermier, la récolte de fourrages pour les vaches a été excellente cet été, suivi d’un automne très agréable offrant une herbe de qualité pour le pâturage des animaux, qualifié même de « deuxième printemps ». En conséquence, il a été observé que les vaches ont généré une quantité de lait significativement supérieure cet hiver par rapport à la période correspondante de l’année précédente.
Au-delà de la période de maturation de deux mois, la commercialisation du Saint-Nectaire devient de plus en plus difficile au fil du temps, en raison de son assèchement excessif et de l’intensification de son goût. À l’heure actuelle, l’interprofession prévoit la destruction d’environ quinze tonnes de fromage, qui ne peut pas être redistribué à des associations caritatives. Elle sollicite les producteurs de Saint-Nectaire pour réduire leur volume de production.
Sébastien Ramade plaide pour la nécessité de trouver des solutions, telles que la livraison de lait à une laiterie pour une autre destination ou la réduction de l’alimentation en lait concentré des vaches afin de diminuer leur production. Il souligne qu’il ne s’agit pas de demander aux éleveurs de produire moins que l’année précédente, mais simplement de ne pas augmenter leur production. Une surproduction de cette ampleur n’avait pas été observée depuis l’année 2010.
En revanche, le fromage Saint-Nectaire au lait de vache semble être relativement préservé par cette crise. Selon Sébastien Ramade, les laiteries sont des entités capables de suivre leurs ventes et de s’ajuster en conséquence. Lui et les autres producteurs fermiers continuent à fabriquer du fromage autant que possible. Afin d’accroître les ventes, le secteur a également intensifié ses actions de communication. Des campagnes publicitaires promouvant le fromage Saint-Nectaire sont en cours pour stimuler les achats des consommateurs.
Le fromage Saint-Nectaire fermier est produit directement à la ferme, à partir du lait cru provenant du troupeau et transformé en fromage immédiatement après la traite, effectuée deux fois par jour, comme indiqué sur le site web de l’AOP Saint-Nectaire. En revanche, le Saint-Nectaire laitier est fabriqué dans une laiterie à partir du lait fourni par les exploitations agricoles participant à l’AOP, selon les informations fournies par cette source.
Le Saint-Nectaire est très apprécié en France, étant le troisième fromage AOP au lait de vache le plus consommé. Chaque année, une quantité de 8 500 tonnes de Saint-Nectaire fermier et de 6 000 tonnes de Saint-Nectaire laitier est produite.
