Des médecins et des scientifiques interpellent Emmanuel Macron sur les pesticides européens

Un groupe de médecins et de scientifiques français a adressé une lettre à Emmanuel Macron concernant la déréglementation en cours au niveau européen concernant les pesticides, tandis que le Conseil européen doit se prononcer le vendredi 12 juin sur « le projet de règlement omnibus X – sécurité alimentaire et alimentation ».
Ce document envisage principalement de prolonger de manière significative la durée d’approbation des pesticides. À travers cette série de mesures législatives européennes, la Commission vise à simplifier, modifier et assouplir les réglementations, en particulier celles relatives aux aspects sociaux et environnementaux liés au Pacte vert pour l’agriculture. Les signataires exhortent Emmanuel Macron à s’opposer aux autorisations illimitées de pesticides/biocides et à la prolongation des durées d’approbation, tout en soutenant le renforcement des capacités des agences de régulation européennes et françaises.
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La version la plus récente du texte restreint les autorisations illimitées aux substances à risque faible et suggère des prolongations des périodes d’autorisation pouvant aller jusqu’à vingt-cinq ans, par opposition aux dix ou quinze ans en vigueur actuellement. D’après les personnes ayant signé cette correspondance, le projet en question exclut les données scientifiques. Le document souligne qu’une révision régulière et approfondie est nécessaire pour intégrer les données générées par les scientifiques observant l’impact concret des pesticides lors de leur utilisation.
D’après Pierre Sujobert, un hématologue travaillant aux Hospices civils de Lyon, l’octroi de ces autorisations quasi illimitées représenterait un risque majeur pour la santé et l’environnement. Il souligne que ces révisions régulières permettent d’identifier des signaux d’alerte qui n’avaient pas été pris en compte lors des autorisations initiales, contribuant ainsi à la protection de la santé publique et de l’écosystème contre des molécules potentiellement dangereuses. Il donne l’exemple du bisphénol A pour lequel l’Efsa a tardé à intégrer les données scientifiques démontrant sa toxicité, avant qu’une interdiction ne soit finalement mise en place.
Ce document suggère également la prolongation du délai de grâce, une période pendant laquelle l’utilisation d’un pesticide interdit est tolérée afin de permettre aux filières agricoles de s’adapter. Pierre Sujobert dénonce le fait que cette prolongation signifie que des pesticides dangereux continueront d’être épandus dans notre environnement pendant trois ans au lieu d’un an et demi.
Afin de soulager la congestion de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, les rédacteurs de cette lettre ouverte suggèrent plutôt d’embaucher 50 experts supplémentaires avec un budget de 15 millions d’euros. Les signataires constatent que le projet de loi Omnibus, en partant d’objectifs difficiles à concilier tels que la réduction de la charge réglementaire et la protection de la santé humaine et de l’environnement, ne satisfait ni l’un ni l’autre. Ils appellent ainsi à un retour à la raison.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
