Il y a de moins en moins d’élèves à l’école…

Les rues se remplissent de nouveau de cartables, tandis que les cours de récréation reprennent vie. La première semaine de septembre marque le début de l’année scolaire pour six millions d’élèves, qui ont entamé leur année dans les écoles maternelles et élémentaires en France. Cependant, la diminution significative du nombre de naissances a des conséquences sur la fréquentation des écoles. Le nombre d’élèves en primaire a enregistré une baisse de plus de 10 % durant la dernière décennie, passant de 6,77 millions en 2016 à 6,02 millions en 2026. Selon une projection publiée par le ministère de l’Éducation nationale au printemps, il est prévu qu’en 2035, le nombre d’élèves diminue encore de près d’un million.
Tandis que les postulants à la présidence rivalisent en propositions, particulièrement concernant la rémunération des enseignants, certains, comme les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Gabriel Attal, envisagent de financer ces changements avec les économies découlant de la diminution démographique.
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Julien Grenet, économiste à l’Institut des politiques publiques, a examiné deux scénarios dans le cadre d’une étude. La première approche implique de maintenir un effectif constant d’élèves par classe (en moyenne 21 pour la rentrée 2026 dans le premier degré) et de réaliser des économies en éliminant les postes d’enseignants excédentaires. La deuxième approche consiste à réduire la taille des classes à une moyenne de 18 élèves tout en maintenant le nombre actuel d’enseignants.
D’après les estimations du chercheur, l’ajustement à la baisse de la démographie pourrait entraîner la suppression de 53 000 postes d’enseignants d’ici 2034, générant des économies s’élevant à 3,4 milliards d’euros cette année-là. Il souligne qu’une telle somme pourrait contribuer à la réduction du déficit public. Avant de modérer : « Il n’est pas nécessairement judicieux de le faire, car l’investissement dans l’éducation est l’un des plus rentables à long terme. »
De quelle manière peut-on l’expliquer ? Julien Grenet affirme que l’on observe de meilleurs résultats scolaires dans les classes de taille réduite. De meilleurs résultats académiques favorisent l’intégration professionnelle sur le long terme. Ainsi, il est possible de transformer une réduction de la taille des classes en une augmentation ultérieure des salaires de ceux qui en ont bénéficié. Selon l’analyse réalisée par l’Institut des politiques publiques, la réduction du nombre d’élèves par classe à environ 18, tout en maintenant le même nombre d’enseignants, pourrait générer un bénéfice estimé à 4,5 milliards d’euros pour la société d’ici 2034.
Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE, une organisation qui représente les parents d’élèves, soutient que la diminution de la population peut constituer une occasion historique d’améliorer la qualité de l’enseignement. Aurélie Gagnier, qui est porte-parole du FSU-SNUipp, le syndicat majoritaire des enseignants, est d’accord : « Il est nécessaire de réduire ce chiffre afin que dans chaque classe, nous puissions avoir environ 19 élèves, car c’est la moyenne en Europe. »
Cependant, la syndicaliste se montre méfiante à l’égard des moyennes. La diminution de la population varie considérablement d’un département à l’autre, entraînant ainsi des disparités territoriales significatives. L’économiste Julien Grenet déplore que « les départements moins favorisés aient des effectifs de classe plus importants que les départements plus favorisés ». Il souligne également qu’à Paris, au cours des dix dernières années, la taille des classes en dehors des zones d’éducation prioritaire a diminué de 13 %. Dans le département de la Seine-Saint-Denis, la baisse n’a été que de 5 %.
Ces disparités déjà observées pourraient s’aggraver lors de la décennie à venir. Les régions septentrionales et orientales de la France seront particulièrement impactées par la diminution du nombre d’élèves d’ici 2035, d’après les prévisions du ministère de l’Éducation nationale. Selon l’étude de l’Institut des politiques publiques, il est possible que les départements voisins de l’Aisne et des Ardennes, qui présentent des profils sociaux similaires, aient des effectifs de classe différents : environ 15 élèves par classe dans les Ardennes, contre 17 dans l’Aisne. Ainsi, il est possible que les jeunes habitant dans les Ardennes bénéficient de conditions d’apprentissage plus favorables que leurs homologues résidant dans l’Aisne.
Cependant, cette diminution du nombre d’élèves suscite également des inquiétudes quant à la continuation des fermetures de classes. Il arrive parfois qu’une classe soit supprimée, voire même toute une école, pour seulement deux ou trois élèves. Que se passe-t-il en arrière-plan ? Mustafa Ozcelik déplore une réduction des services publics dans la commune en question. On observe en effet une diminution du nombre de classes depuis quatre décennies. Le nombre d’écoles publiques a diminué de façon significative, passant de 60 059 en 1985 à 42 443 en 2025. Selon les données du ministère, les zones rurales sont particulièrement impactées.
L’étude menée par l’Institut des politiques publiques souligne l’importance de mettre en place dès à présent une stratégie de répartition des enseignants afin d’assurer l’équité entre les différentes régions. Selon Julien Grenet, il est impératif d’éviter de prendre cette décision à la dernière minute, car contraindre les enseignants actuellement en poste à se déplacer sur le territoire serait politiquement irréalisable. Il est envisageable d’agir sur le processus de recrutement. Il s’agit donc de déterminer, au sein de chaque académie, le nombre de postes à ouvrir.
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Il propose par exemple de suspendre les embauches à Paris pendant une décennie, tout en les augmentant dans d’autres académies. Une proposition qui ne satisfait pas la représentante du FSU-SNUipp. Aurélie Gagnier déplore que les académies de Créteil, Versailles et de Guyane ne parviennent pas à remplir les quotas malgré leur ouverture.
La représentante syndicale souligne que la question de la baisse démographique est fréquemment abordée de manière transversale lors des échanges avec le ministère. Suite à cette projection, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a dévoilé un projet pilote qui sera mis en place dans 18 départements, parmi lesquels l’Aisne, la Martinique et le Finistère. Il a expliqué dans Le Monde que ces régions vont revoir leur répartition des établissements scolaires en fonction des effectifs d’élèves et des contraintes de transport, afin d’établir par la suite un plan d’organisation cohérent.
L’économiste Julien Grenet met en garde contre l’importance de la baisse, qu’il qualifie de considérable, et plaide pour une intervention plus soutenue des autorités publiques. Au début de l’inflexion démographique observée dans les collèges, le chercheur met en garde en indiquant que cette tendance à la baisse devrait perdurer pendant plusieurs décennies et se répercuter jusqu’au niveau de l’enseignement supérieur.
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
