En France, 70 % des exploitations agricoles sont classées comme étant de type intensif

En France, 70 % des exploitations agricoles sont classées comme étant de type intensif
Selon un rapport de l’association Terre de Liens publié le mardi 17 février et consulté par franceinfo et France Inter, 70 % des exploitations agricoles en France sont classées comme intensives et axées sur les marchés internationaux. Terre de Liens, un mouvement citoyen engagé dans la protection des terres agricoles et la promotion de l’installation d’agriculteurs pour contrer l’expansion de l’agro-industrie, critique « une agro-industrie qui monopolise en même temps les terres et les politiques agricoles ».

D’après ce rapport, 70 % des 400 000 exploitations agricoles en France optent principalement pour la commercialisation en filière longue, notamment à des fins d’exportation internationale. Selon les explications de Coline Sovran, porte-parole de Terre de Liens, il s’agit d’exploitations qui persistent à recourir aux pesticides et aux engrais chimiques, et qui écoulent leurs produits à des acteurs du secteur de la transformation ou de l’exportation.

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Selon l’association, ces sociétés opérant dans le secteur agroalimentaire fournissent des opportunités aux agriculteurs, mais entraînent également une spécialisation excessive des territoires. Des régions telles que le bassin parisien, les Hauts-de-France, la Haute-Normandie et l’ancienne région Champagne-Ardenne sont caractérisées par des zones de grandes cultures, tandis que l’Ouest se distingue par des élevages spécialisés tels que le porcin, la volaille et le bovin laitier. De même, le Massif central est connu pour ses élevages de bovins destinés à la production de viande et de lait. Selon l’association, il est à noter que la moitié des départements français présentent un déficit de capacité de transformation alimentaire par rapport aux besoins de leur population, malgré une disponibilité suffisante en terre pour subvenir aux besoins alimentaires de leurs habitants.

L’hyper-spécialisation des territoires a des conséquences néfastes sur l’environnement local, selon Terre de Liens. Cette organisation souligne que la concentration des activités agricoles entraîne une pression significative sur les sols, l’eau et les écosystèmes. Le rapport indique qu’un quart de la population réside dans une commune où l’utilisation de pesticides a augmenté durant les cinq dernières années.

L’organisation critique également le contrôle exercé par les groupes agro-industriels sur les services de restauration scolaire, ce qui entraîne une « détournement des politiques alimentaires locales » par l’industrie agroalimentaire. La législation exige que les cantines scolaires fournissent au moins 50 % d’aliments durables et de qualité, en mettant davantage l’accent sur les produits biologiques. Cependant, un nombre restreint de restaurants collectifs met cette pratique en œuvre. Bien que l’association approuve l’initiative du gouvernement en faveur du patriotisme alimentaire, elle met en garde contre la négligence de la qualité et des méthodes de production.

L’association est optimiste quant à la possibilité de réduire l’influence de l’industrie agro-alimentaire sur les décisions publiques, soulignant que les préférences envers certains producteurs sont influencées par les politiques locales. Selon le mouvement citoyen, le prochain renouvellement massif des élus municipaux lors des élections de mars représente une occasion cruciale sur le plan démocratique pour opérer une transformation des systèmes alimentaires.

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