Quelle est la signification de la misophonie ?

Étymologiquement, la misophonie se réfère à l’intolérance envers les sons. Cependant, en réalité, cette forme d’intolérance se révèle être plus complexe et problématique. La misophonie est de plus en plus fréquemment observée sur les plateformes des réseaux sociaux. Elle appartient à la catégorie de trouble que certains revendiquent sans nécessairement avoir reçu un diagnostic médical. Certaines personnes utilisent cet argument pour légitimer l’introduction par la SNCF des voitures « sans enfants ». Cependant, la misophonie ne se résume pas à une simple gêne causée par les bruits.
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En anglais, on parle également du syndrome de sensibilité sonore sélective ou du syndrome de sensibilité aux sons faibles, car la misophonie n’englobe pas tous les types de bruit.
Elle se distingue par des réactions émotionnelles intenses et désagréables en réponse à des stimuli sonores spécifiques. Parmi les bruits les plus courants, on retrouve ce que l’on appelle des bruits « organiques » tels que les bruits de la bouche, de la mastication, du reniflement et de la succion à la paille. Cependant, elle englobe aussi des sons associés à des objets spécifiques, tels que le bruit de quelqu’un tapant sur un clavier ou faisant cliqueter son stylo.
L’exposition de ce phénomène sur les plateformes de médias sociaux peut être attribuée en grande partie à la haute qualité des micros utilisés dans les vidéos, ce qui amplifie significativement ces sons, en dehors du contexte des vidéos d’ASMR.
Pour un individu souffrant de misophonie, ces sons ne se limitent pas à être irritants : ils deviennent intolérables, déclenchant des réactions de colère voire de dégoût incontrôlables. Elle peut émettre des cris, chercher à interrompre le son, se couvrir les oreilles ou s’éloigner.
À long terme, elle élabore des stratégies visant à prévenir de telles situations, telles que manger en solitaire, utiliser des bouchons d’oreilles ou un casque antibruit. Une alternative consiste à masquer ces sons en les recouvrant avec d’autres bruits ou de la musique. Ces ajustements ont systématiquement des conséquences sur la sphère sociale ou professionnelle de l’individu concerné.
La misophonie est associée à une hyperactivité du cortex insulaire antérieur, une région cérébrale concernée dans la régulation émotionnelle, induisant une réaction de la personne face au son perçu comme une menace. Actuellement, il n’existe aucun traitement médicamenteux spécifique pour la misophonie, cependant, il est envisageable d’acquérir des compétences pour gérer ce trouble en recourant à des thérapies cognitives et comportementales, ainsi qu’à des méthodes de relaxation.
