Les cessations d’activité volontaires, des entreprises, explosent en France

Les cessations d'activité volontaires, des entreprises,  explosent en France

Avec 30 915 défaillances recensées entre mai 2021 et avril 2022 par la Banque de France, « on est dans une situation complètement paradoxale », a jugé François Asselin qui s’attend donc à une remontée. Mi-mai, les prévisions dévoilées par Allianz Trade estimaient que le nombre de défaillances devrait bondir de 15 % en 2022 et 33 % en 2023, en France. « Ce qu’on ne mesure pas, c’est la vitesse » à laquelle la courbe repartira à la hausse, a néanmoins souligné le président de la CPME. Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE se montre moins optimiste et invite à se pencher plus particulièrement sur la situation des très petites entreprises.

Des entreprises commerciales ou artisanales qui, malgré une bonne santé économique, préfèrent mettre un terme à leur activité faute de perspectives alléchantes pour l’avenir. D’après le SDI qui se base sur les chiffres des greffes des tribunaux de commerce, plus de 160 000 entreprises commerciales ont arrêté volontairement leur activité entre janvier et juin 2022 contre plus de 114 000 sur la même période en 2021 et plus de 80 000 en 2020, soit +100 % entre 2020 et 2022. Un phénomène qui s’explique par différents facteurs à commencer par l’inflation qui sévit depuis plusieurs mois, alimentée par la guerre en Ukraine, et qui freine la consommation tout en contraignant les entreprises à augmenter leurs prix ou à rogner sur leurs marges. « Nous supposons donc que la situation est bien pire aujourd’hui », s’alarme-t-il.

C’est ainsi que François Asselin, président de la CPME a résumé les perspectives en matière de défaillances d’entreprises dans les mois à venir. Selon le chef de l’organisation patronale, « il va falloir s’attendre à une montée de la sinistralité » sans que cette situation soit pour l’instant préoccupante.

Mardi dernier, le médiateur du crédit à la Banque de France, Frédéric Visnovsky, s’est montré plutôt rassurant à ce propos, assurant que, « malgré les interrogations liées à la crise ukrainienne, il n’y a pas d’alerte particulière » quant à la solvabilité des entreprises françaises. Un point de vue que ne partage pas la CPME. Eric Chevée, son vice-président, alerte sur la situation de « certaines entreprises saines avant la crise et qui sont aujourd’hui lourdement impactées par le rythme de remboursement des PGE (Prêt garantie par l’État)». S’il « n’y a pas péril en la demeure », le syndicat insiste « sur la nécessité de trouver une solution » rapporte latribune.fr.

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« Certaines sociétés pourraient ne pas pouvoir assumer un remboursement aussi rapide quand d’autres pourraient ne plus être en mesure de réaliser les investissements nécessaires pour se maintenir sur le marché à cause de ce remboursement », explique-t-il, balayant d’un revers de la main l’une des possibilités mises en place par le gouvernement pour étaler le remboursement. Actuellement, les entreprises peuvent bénéficier d’un « différé d’un an supplémentaire pour commencer à rembourser » leur PGE, indique le ministère de l’Économie qui précise que le délai de remboursement peut aller de 6 à 10 ans pour les TPE. Or pour cela, les structures doivent « s’adresser à la Médiation du crédit de la Banque de France ou aux conseillers départementaux de sortie de crise ». La CPME demande donc la possibilité d’étaler le remboursement du PGE sur six à 8 ans, sans que cela entraîne de mise en défaut.

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