A partir de ce jeudi 27 juillet, l’humanité vivra à crédit sur la Terre

A partir de ce jeudi 27 juillet, l’humanité vivra à crédit sur la TerreUn jour plus tôt, encore que l’an passé. À partir de ce jeudi 27 juillet, « durant les 156 jours qui restent d’ici au 31 décembre, notre consommation de ressources renouvelables va consister à grignoter le capital naturel de la Terre, pointe Lætitia Mailhes, directrice « initiatives spéciales » du Global Footprint Network.

Il nous faudrait 1,75 Terre pour régénérer ce que l’humanité consomme sur une année». C’est ce think-tank américain qui, chaque année depuis 1970, calcule ce Jour du dépassement, en compilant 15 000 données pour chacun des pays du globe.

En 1971, ce Jour du dépassement mondial tombait tout fin décembre, l’humanité ne dépensant guère plus de ressources que la planète était capable de renouveler. « Ces vingt dernières années, le Jour du dépassement a encore avancé de deux mois pour se fixer vers fin juillet d’où elle ne bouge plus depuis six ans », détaille Lætitia Mailhes.

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Pendant la pandémie, un progrès tout de suite perdu l’année suivante, comme lors des crises économiques de 1973, 1979, 2008 où de tels yo-yo avaient déjà été observés, rappelle Laëtitia Mailhes. En clair, les seuls reculs du Jour du dépassement à ce jour sont liés à des changements conjoncturels, jamais encore à des changements structurels dans nos modes de vie.

Première cause du dépassement : notre empreinte carbone, soit la quantité de gaz à effet de serre générée par les activités humaines qui dépasse largement ce que la planète est capable d’absorber en une année, via ses puits de carbone naturels (océans, forêts, prairie, etc). Nos émissions compte ainsi pour 60 % l’empreinte écologique totale de l’humanité, calcule le Global Footprint Network. C’est cette catégorie qui doit être ramenée à zéro d’ici à 2050, dans les objectifs de neutralité carbone que se fixent de plus en plus de pays, territoires et villes.

Cette année, le Global Footprint Network et le WWF, son partenaire, mettent l’accent sur notre système agricole et alimentaire, autre cause majeure du jour du dépassement. Il accapare 55 % de la biocapacité de la Terre. « Autrement dit, la moitié de la planète, en termes de surfaces productives, est utilisée pour nourrir l’humanité », précise Pierre Cannet, directeur du plaidoyer du WWF France.

Notre système agricole et alimentaire n’est pas non plus sans impact sur l’environnement, en générant son lot de gaz à effet de serre, de déforestation, de pertes de biodiversité dans les milieux terrestres et d’eau douce, rappelle le WWF.

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« Notre système alimentaire et agricole a perdu la tête », estime alors Pierre Cannet qui rallie ainsi les nombreuses voix qui appellent, ces dernières années, à le transformer en urgence. Le WWF et Global Footprint Network fixent trois grandes priorités.

La première est de réduire notre consommation de protéines animales pour augmenter celles de protéines végétales. Cette surconsommation n’est pas seulement néfaste pour la santé, elle est aussi gourmande en terres cultivées et donc, en biocapacité terrestre, pointe Pierre Cannet.

La deuxième urgence, pour le WWF, est de stopper la conversion des espaces naturels, soit la transformation de forêts, mangrove, prairies… en terre cultivées.

Enfin, le troisième pilier du plan de transformation demandé par le WWF et le Global Footprint Network consiste à abandonner le modèle de l’agriculture industrielle pour développer partout l’agroécologie.

« L’Europe est le deuxième exportateur mondial de produits agricoles issus de la déforestation tropicale, rappelle le directeur du plaidoyer du WWF. En attendant, rien n’empêche les Européens de revoir par eux-mêmes leurs habitudes alimentaires, en réduisant notamment leur consommation de viandes, informe 20minutes.fr.

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