Nathalie Loiseau met en garde contre “un risque de paix bâclée”

Nathalie Loiseau, membre du Parlement européen pour le groupe Horizons, a mis en garde lors d’une intervention sur France Inter contre la possibilité d’une résolution hâtive du conflit entre la Russie et l’Ukraine, soulignant que des garanties de sécurité robustes sont nécessaires pour les futures négociations. Tandis que les négociations se déroulent entre Kiev et Moscou, la capitale ukrainienne a présenté en début de semaine une version modifiée du plan de paix américain, intégrant diverses contre-propositions. Le président Volodymyr Zelensky a souligné que deux questions essentielles demeuraient en suspens : la question du contrôle de la région orientale de Donetsk, qui est le principal lieu des affrontements, et la question du statut de la centrale nucléaire de Zaporijjia, actuellement sous occupation des forces russes dans le sud du pays.
Nathalie Loiseau affirme la nécessité de mettre fin à cette guerre. Cependant, selon la vice-présidente du groupe Renew à la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une rechute. C’est ce qui suscite mon inquiétude.
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Elle critique la proposition américaine visant à résoudre le conflit, la décrivant comme un document provocateur qui ne constitue pas un plan de paix, mais plutôt un accord commercial entre les États-Unis et la Russie. Cependant, elle considère qu’une « zone démilitarisée » pourrait jouer un rôle dans la stabilisation de la situation, à condition que les garanties de sécurité pour l’Ukraine soient particulièrement solides. Le mercredi, Kiev a transmis à Washington un « contre-plan » en vingt points, y compris une proposition pour la création d’une zone démilitarisée, comme rapporté par Le Monde.
L’eurodéputée exhorte également la « coalition des volontaires », regroupant plusieurs pays européens apportant un soutien militaire et financier à l’Ukraine, à prendre des mesures concrètes. « Il est essentiel que la coalition des volontaires agisse en accord avec son appellation. » Elle souhaite que l’action prévale et que le groupe ne soit pas simplement une réunion de personnes ayant des aspirations vagues qui se réunissent à plusieurs reprises, précise-t-elle.
D’après Nathalie Loiseau, la principale mesure de sécurité pour l’Ukraine dans le cadre d’un processus de paix consiste à disposer d’une armée capable de se défendre et de prévenir toute reprise des hostilités. Cela constitue par ailleurs une assurance de sécurité pour nous.
L’ancienne ministre en charge des Affaires européennes exprime des regrets quant au ralentissement de l’assistance accordée à l’Ukraine : « Depuis l’été dernier, les pays européens apportent moins de soutien à l’Ukraine qu’auparavant ». Est-ce que cela est mentionné ? Il est connu que les États-Unis ont ralenti, cependant notre propre rythme de croissance diminue. Y a-t-il une certaine cohérence dans nos actions ? Est-ce que, en dépit des discours grandioses, l’assistance à l’Ukraine sera maintenue aussi longtemps que nécessaire ? Elle interroge : « Où se trouvent les actes ? »
Selon l’institut de recherche allemand Kiel Institute, l’assistance militaire à l’Ukraine pourrait diminuer significativement en 2025, car les pays européens, principaux pourvoyeurs de cette aide, ne sont plus en mesure de pallier la fin de l’aide américaine. Lors des dix premiers mois de l’année, l’Ukraine a reçu une allocation d’aide militaire de 32,5 milliards d’euros, principalement de la part des pays européens. En l’espace de deux mois seulement, les partenaires de l’Ukraine devraient octroyer plus de 5 milliards d’euros afin d’atteindre le niveau le plus bas enregistré (37,6 milliards alloués en 2022) et plus de 9 milliards pour se situer dans la moyenne des 41,6 milliards versés annuellement de 2022 à 2024. De juillet à octobre, une moyenne de seulement 2 milliards d’euros a été allouée chaque mois.
