Cyberharcèlement de Brigitte Macron

Cyberharcèlement de Brigitte Macron
Brigitte Macron

« Brigitte Macron est un homme », « travelo », « pédocriminelle » … Les dix prévenus accusés de tweets transphobes contre Brigitte Macron ont été condamnés pour cyberharcèlement le 5 janvier au tribunal de Paris. Le premier a pris six mois ferme, les autres jusqu’à huit mois avec sursis. Ils doivent aussi indemniser l’épouse du président. Le tribunal a jugé le harcèlement moral aggravé établi, les messages des accusés ayant dégradé les conditions de vie de Brigitte Macron et affecté sa santé physique et mentale.

Le parquet avait requis 6 à 12 mois de prison avec sursis pour les trois « instigateurs » de la fausse information sur l’épouse du président, la décrivant comme une femme transgenre et une pédocriminelle. Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, a écopé de huit mois de prison avec sursis pour ses publications sur le réseau social X, dénonçant un « secret d’État choquant impliquant une pédophilie cautionnée ». Il était absent pour le délibéré, comme la plupart des accusés. Seuls Bertrand Scholler et la « médium » Delphine J., alias Amandine Roy, étaient là.

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Au départ d’une vidéo virale de quatre heures sur YouTube en 2021, retirée depuis, Delphine J. a été condamnée à six mois de prison avec sursis et à une suspension de ses comptes en ligne pendant six mois. En audience, elle avait déclaré se sentir « attaquée » par la supposée transidentité de Brigitte Macron. Lundi, elle s’est agacée durant que le président énonçait les éléments pour motiver les condamnations. « Amandine Roy » s’est peu exprimée devant la presse, laissant une femme proche prendre la parole à sa place. Selon cette dernière, Brigitte Macron exploite ses petits-enfants pour faire valoir son préjudice, dans un système qu’elle qualifie de royal.

Le galeriste Bertrand Scholler, créateur d’un photomontage de Brigitte Macron en 2024, a écopé de six mois de prison avec sursis. Il a réagi dans les couloirs du tribunal en déclarant que cette décision signifiait : « Si ce que vous dites ne plaît pas, vous serez condamné. » « C’est le fait du prince ! », s’est indigné Bertrand Scholler, déplorant qu’en France on n’ait plus le droit de penser.

Les sept autres accusés, qualifiés de « suiveurs » par le procureur, ont reçu des peines plus légères. Des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis ont été prononcées contre cinq prévenus : Jérôme A., Jérôme C., Philippe D., Jean-Luc M. et Christelle L. Le parquet avait demandé trois à cinq mois de prison avec sursis fin octobre. Jean-Christophe D. s’excuse et reçoit un stage pour ses infractions en ligne. En revanche, Jean-Christophe P. est condamné à six mois de prison ferme pour son absence à l’audience, la peine la plus lourde, selon le tribunal.

La rumeur sur Brigitte Macron, née Jean-Michel Trogneux et ayant changé de sexe après l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Face à une campagne de haine sexiste et transphobe la comparant à de la pédophilie, la Première dame a porté plainte pour cyberharcèlement en août 2024.

Je me bats constamment. Je veux aider les ados contre le harcèlement. « Sans mon exemple, ce sera difficile », a déclaré Brigitte Macron lors du JT de 20 heures de TF1, à la veille du délibéré, en insistant sur le respect de sa généalogie. À la fin de l’audience, l’avocat s’est réjoui de la condamnation de tous les prévenus à un stage de sensibilisation contre le cyberharcèlement.

En audience, la fille cadette de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, a témoigné du préjudice moral subi par sa mère, parlant d’une « dégradation de ses conditions de vie ». Elle pense que la Première Dame doit constamment ajuster ses comportements, y compris ses tenues, sa posture et ses actions quotidiennes, car elle sait que son image peut être utilisée à des fins trompeuses.

La rumeur complotiste d’extrême droite en France s’est répandue aux États-Unis en 2024 suite aux vidéos « Becoming Brigitte » de Candace Owens. Face à la médiatisation de l’enquête, le couple présidentiel a intenté un procès en diffamation contre Candace Owens aux États-Unis. « Je veux protéger ma réputation !», a déclaré Emmanuel Macron dans une interview pour Paris Match en août.

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