En appel, Nicolas Sarkozy à nouveau condamné à sept ans de prison

Le parquet général a demandé une peine identique pour l’ancien président condamné à cinq ans de prison en septembre. Il faudra le sanctionner en fonction de la gravité des faits. Le parquet général a demandé mercredi 13 mai sept ans de prison, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour Nicolas Sarkozy, jugé depuis près de deux mois à la cour d’appel de Paris pour le financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. La peine a été requise après un réquisitoire de douze heures sur deux jours et demi. Au premier procès, le Parquet national financier avait sollicité la même peine.
« Les réquisitions du parquet général sont les mêmes que celles du PNF », a déclaré Christophe Ingrain, avocat de Nicolas Sarkozy. « Nous prouverons son innocence lors de nos plaidoiries. » Pas d’argent libyen dans sa campagne, son patrimoine, ni de financement ou enrichissement par la Libye pour Nicolas Sarkozy. « Nicolas Sarkozy est innocent, nous le prouverons dans quinze jours», a-t-il ajouté. La défense plaidera le 27 mai.
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L’ex-président est resté impassible face aux réquisitions. Après la suspension de l’audience, il a discuté debout avec ses avocats et conseillers, mâchant un chewing-gum nerveusement, avant de quitter discrètement la salle.
Les trois avocats généraux ont demandé de condamner l’ancien président pour association de malfaiteurs, le considérant comme l’instigateur de rencontres avec de hauts dignitaires libyens pour financer sa campagne de manière occulte. C’est pour ce délit que Nicolas Sarkozy avait été condamné à cinq ans de prison ferme le 25 septembre 2025. Il a été emprisonné presque trois semaines avant d’être libéré sous contrôle judiciaire malgré un mandat de dépôt différé avec exécution provisoire suite à sa décision de faire appel. Mercredi, l’accusation ne l’a pas demandé.
Ensuite, le ministère public a demandé à la cour de le déclarer coupable de financement illégal de campagne, de recel de détournement de fonds publics libyens, ainsi que de corruption, des infractions pour lesquelles il avait été relaxé lors du premier procès. Selon Damien Brunet, « un accord entre Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy » a bien eu lieu, soulignant que les responsables du ministère de l’Intérieur et de la présidence de la République ont abusé de leurs fonctions.
« Pour qu’il soit élu», a insisté l’avocat général. « Ce n’est pas une élection ordinaire, mais celle qui mobilise les Français en masse », a-t-il souligné. « Un instigateur se distingue par sa capacité à fédérer les malfaiteurs », a-t-il ajouté.
Contrairement à Claude Guéant, le parquet général a demandé six ans de prison, 100 000 euros d’amende et la confiscation d’un de ses appartements. Des réquisitions conformes à celles du Parquet national financier en première instance. Malgré l’absence du collaborateur de Nicolas Sarkozy, âgé de 81 ans, pour raisons de santé, il n’a pas pu assister au deuxième procès.
Par l’intermédiaire de son avocat, il a produit deux attestations qui ont remis en cause la version de Nicolas Sarkozy et fragilisé sa défense. « Malgré la reconnaissance en demi-teinte des faits en Libye, il est totalement incapable de la moindre introspection concernant ses enrichissements personnels », a déclaré l’avocat général mercredi.
Lundi, Rodolphe Juy-Birmann avait qualifié Claude Guéant de « plaque tournante » du projet de financement libyen pour Nicolas Sarkozy.
Contrairement à Brice Hortefeux, qui a soutenu Nicolas Sarkozy lors du procès, le parquet général a demandé une peine de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, avec une partie sous bracelet électronique, exécution provisoire incluse. Il a demandé cinq ans d’inéligibilité et une amende de 50 000 euros. Brice Hortefeux avait été condamné à deux ans de prison avec exécution provisoire, peine qu’il effectue avec un bracelet électronique. Le parquet général a réclamé deux ans de prison avec sursis en plus.
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Brice Hortefeux a été décrit par l’avocat général comme celui qui a entaché la fonction ministérielle en pactisant avec un terroriste lors de sa rencontre avec Abdallah Senoussi, responsable de l’attentat du DC-10 ayant causé la mort de 170 personnes en 1989. En première instance, le tribunal a jugé que Nicolas Sarkozy avait délibérément permis à Claude Guéant et Brice Hortefeux de rencontrer le beau-frère par alliance de Mouammar Kadhafi en Libye en 2005 pour organiser un financement secret de sa campagne présidentielle. En échange, l’ancien ministre de l’Intérieur et son directeur de cabinet auraient promis d’examiner sa situation judiciaire.
« L’avocat général a déclaré à la cour d’appel de Paris que vous sanctionnerez le manquement au devoir de probité publique. Rodolphe Juy-Birmann a ajouté que vous condamnerez le mensonge, un récit établi sur une fable. » Soulignant que le parquet général déplore l’absence de remords ou de repentir, il affirme : « Cette absence de remise en cause sera condamnée. » La décision sera rendue le 30 novembre.
