Les scientifiques renvoient Macron dans les cordes

Les modèles scientifiques se sont-ils trompés sur l’arrivée de cette troisième vague épidémique comme l’affirme Emmanuel Macron ? Non, selon Vittoria Colizza, directrice de recherches à l’Inserm et spécialiste de la modélisation de l’épidémie. On a indiqué – avec énormément d’incertitudes à ce moment-là sur les informations que nous avions – que le variant britannique allait devenir dominant vers la fin février et début mars.» Le journal Libération avait déjà comparé les prédictions du Conseil scientifique de janvier à la réalité de la trajectoire épidémique.
L’épidémiologiste Antoine Flahault invité régulier à “C Dans L’air” «Quand on est arrivés à plus de 10 000 cas par jour au mois de janvier, le Conseil scientifique a dit qu’il fallait faire un confinement. Là aussi une opportunité a été perdue. À ce moment-là, c’était encore possible de manière moins dure, moins longue, peut-être même sans fermer les écoles», affirme-t-il.
Rien à faire, le Président et sa majorité restent droits – mais à côté – de leurs bottes. «Aucun mea-culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec», a affirmé jeudi soir le chef de l’État.
Aujourd’hui, sur Twitter, le modélisateur Mircea Sofonea renvoie Emmanuel Macron à ses propres prédictions. «Ce qui est revanche certain, c’est qu’aucun modèle ne projetait une situation propice au relâchement début avril… le 1ᵉʳ mars.» écrit-il en référence à la sortie présidentielle à cette même date au cours de laquelle le Président avait lâché qu’il faudrait tenir encore «quatre à six semaines» avant de pouvoir lever certaines mesures sanitaires.

