Ils ne font pas croire au père Noël à leurs enfants

« Le père Noël, c’est pour de faux », assume Cécile. Motivée par l’ambition de ne pas élever son enfant dans le mensonge, cette maman parisienne de 38 ans, soucieuse de préserver la confiance que son fils de 3 ans a placée en elle, a décidé d’aller contre la légende qui raconte qu’en une seule nuit, celle du 24 décembre, le père Noël distribue des cadeaux à tous les enfants sages.

Que cela soit pour des raisons morales, des croyances religieuses ou des considérations matérielles, des parents racontent à franceinfo pourquoi le père Noël n’existe pas.

« J’ai d’abord éludé la question », raconte Ariane, 36 ans, quand son fils, aujourd’hui âgé de 6 ans, a commencé à lui demander si le père Noël existait. « Pour la magie ou le fantastique, on peut ‘jouer et rêver’ au père Noël comme on peut le faire avec les fées ou les magiciens sans pour autant créer de confusion », explique Laurent.

Chez Rosamée, 35 ans, pour qui « la magie de Noël est synonyme de pollution, hyper consumérisme, déchets à gogo et animaux gavés », les cadeaux sont fabriqués avec ses deux filles de 6 et 4 ans.

Cela permet aussi de poser des limites aux envies des enfants qui pensent que « si je veux ça, le père Noël me le donnera », constate Mickaël, qui a révélé à sa progéniture que ce sont les parents qui offrent les cadeaux.

Si pour la pédopsychiatre Dominique Tourrès-Gobert, « tout enfant a besoin de connaître la vérité sur ce qui le concerne : son identité, sa filiation ou le divorce à venir de ses parents », elle invite les parents à voir le « mensonge » du père Noël comme un « joli mensonge ». Dominique Tourrès-Gobertà franceinfo

De même, Claude Halmos, psychiatre spécialiste de l’enfance, rassure les parents inquiets à l’idée du jour où leur progéniture découvrira que c’étaient eux les pères Noël : « À l’annonce de la vérité, un enfant ne se sentira jamais trompé, berné, manipulé dans une famille où ses parents lui ont prouvé qu’ils avaient du respect pour lui, et qu’il pouvait, de ce fait, avoir confiance en eux. »

Aujourd’hui, ces parents à contre-courant de la culture populaire ne sont pas légion. Dans les années 1980, Micheline, 70 ans, a tenté de résister à la croyance du père Noël pour sa fille et son fils. « Mais la pression sociale était trop forte et l’école plus convaincante que nous ! », témoigne-t-elle.

En cette veille de Noël, la légende du « bonhomme à la barbe blanche » est tenace. Laure, 33 ans, maman d’un garçon de 2 ans, pressent qu’elle va devoir « de plus en plus » se justifier. « Ma mère me conseille à la fois de répondre aux questions de mon fils mais aussi de lui dire que c’est le père Noël qui amène les cadeaux », constate cette jeune mère, qui s’estime « prisonnière d’une société qui impose un conformisme ».

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