Relation sexuelle : “Il est banalisé de le faire sans se protéger”

Relation sexuelle :
Certains influenceurs masculinistes encouragent l’idée selon laquelle ne pas utiliser de préservatif pourrait diminuer la virilité, une croyance relayée sur les réseaux sociaux. Selon le Sidaction, on observe une prolifération de contenus qui incitent directement les jeunes à adopter des comportements sexuels à risque. Selon une enquête réalisée par OpinionWay pour le compte de l’association et rendue publique le lundi 1ᵉʳ décembre, un tiers des jeunes âgés de 16 à 34 ans consultent des contenus masculinistes sur les plateformes de médias sociaux.

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Selon les données de Santé publique France, on observe une augmentation de 41 % de la prévalence du VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans durant la dernière décennie. Contre toute attente, les discours virilistes ont une influence significative sur les jeunes hommes. À la fin des cours, à la sortie d’un établissement scolaire à Bergerac en Dordogne, Yanis, âgé de 17 ans, jette son sac à dos. En se confiant, l’adolescent admet qu’il pratique des rapports sexuels sans préservatif grâce à la méthode du retrait. On se retire de la cavité vaginale avant d’éjaculer à l’extérieur. Il explique que cela évite d’acheter des préservatifs tout en procurant du plaisir simultanément.

D’après l’opinion du lycéen, l’utilisation d’un préservatif diminue le plaisir par rapport à des rapports sexuels sans préservatif. L’adolescent est conscient du caractère risqué de cette pratique, cependant cela ne le dissuade pas : « Je n’ai jamais ressenti de réelle peur. » J’ai déjà expérimenté cette situation sans cela, et j’ai trouvé l’expérience agréable. Par ailleurs, elle n’est pas tombée enceinte et il n’y a pas eu de maladie à ma connaissance.

Sur diverses plateformes telles que TikTok, Instagram ou X, l’ensemble de son cercle amical a été exposé à des vidéos promouvant les rapports sexuels non protégés. Un lycéen souligne que ces contenus véhiculent souvent l’idée de l’inutilité des protections ou de la diminution du plaisir lors des relations sexuelles avec un partenaire. Les déclarations des influenceurs masculinistes peuvent également être empreintes de violence. Lorsque le groupe d’amis déclare s’opposer aux discours de domination masculine envers les femmes, il admet que l’algorithme de recommandation des plateformes va favoriser la republication et la mise en avant de contenus choquants.

De l’autre côté de la rue, on peut apercevoir le groupe de jeunes filles. Camille, une lycéenne, confirme que sur les réseaux sociaux, il est courant de pratiquer cette activité sans prendre de précautions. L’adolescente admet ne pas accorder d’importance au sida ou à d’autres infections sexuellement transmissibles. Elle déclare simplement se concentrer sur la prévention de la grossesse.

L’adolescente admet que de nombreuses jeunes filles de son entourage utilisent la pilule contraceptive, ce qui les amène à penser qu’il est inutile d’utiliser un préservatif. Cependant, tous les lycéens interrogés déclarent avoir suivi des cours d’éducation sexuelle, bien qu’ils soulignent que ces cours remontent à l’époque du collège.

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