Des discours masculinistes qui “mettent en danger une sexualité consentie”

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Florence Thune, directrice générale du Sidaction, met en garde contre les discours diffusés dans les contenus masculinistes qui compromettent une sexualité fondée sur le consentement. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le lundi 1ᵉʳ décembre, Sidaction a rendu public un sondage mettant en lumière une montée préoccupante des discours masculinistes parmi la population masculine en France, sans distinction d’âge, bien que les individus âgés de 16 à 34 ans soient les plus impactés.

L’étude met en lumière une exposition significative des jeunes hommes à des influenceurs identifiés comme diffusant des discours masculinistes. D’après son analyse, 66 % des individus âgés de 16 à 34 ans sont familiers avec au moins un réseau social, tandis que 37 % d’entre eux consultent régulièrement les contenus publiés. Florence Thune critique les discours évoquant la domination des femmes. Selon l’étude, 50 % des jeunes âgés de 25 à 34 ans familiers avec ces influenceurs estiment que ces contenus révèlent « enfin la vérité ».

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La directrice générale du Sidaction s’inquiète du fait que certains contenus véhiculent l’idée que l’utilisation du préservatif est risquée et compromet la virilité des individus. Selon l’étude, la perception de la virilité influence directement le choix de recourir ou non à l’utilisation d’un préservatif. 31 % des individus âgés de 16 à 34 ans éprouvent un sentiment de supériorité lorsqu’ils n’utilisent pas de préservatif, ou pensent que les femmes devraient respecter les hommes qui refusent d’en porter (32 %). Environ un adolescent sur six considère que l’utilisation du préservatif est associée à une forme de vulnérabilité (16 %).

Elle affirme que ces discours, de plus en plus répandus parmi les hommes, représentent un recul pour les droits acquis par les femmes et constituent une menace pour la sexualité consentie et épanouie défendue. Parmi les individus âgés de 16 à 34 ans familiarisés avec ces contenus, un pourcentage non négligeable déclare qu’ils leur procurent un sentiment de sécurité quant à leur identité masculine (38 %), leur offrent une perspective alternative à celle prônée par les mouvements féministes (48 %), ou les incitent à appliquer des conseils en vue d’améliorer leur masculinité (34 %).

Florence Thune souligne qu’il est préoccupant de constater qu’environ un tiers des jeunes hommes estiment que solliciter explicitement le consentement « ruine la spontanéité » (37 % pour les 16-34 ans) et que, de plus, un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne formule pas explicitement un « non » (35 % pour les 16-34 ans). Selon Sidaction, elle met en lumière la diffusion rapide de contenus accessibles sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok, encouragée par les algorithmes.

Afin de contrer l’influence de ces discours, notamment dans un contexte marqué par une augmentation de 41 % des cas de séropositivité chez les 15-24 ans lors des dix dernières années, selon les dernières données de Santé publique France, une augmentation des infections sexuellement transmissibles et un recul de l’usage du préservatif, Sidaction met en avant la nécessité pressante de renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Le tribunal administratif de Paris a été saisi par Sidaction, le Planning familial et SOS Homophobie afin de garantir l’application de la loi de 2001 qui stipule l’obligation de trois séances annuelles d’éducation à la sexualité pour les élèves, de l’école au lycée. La décision sera rendue le mardi 2 décembre.

La méthodologie utilisée pour cette étude repose sur un sondage OpinionWay pour Sidaction, mené à l’aide d’un questionnaire auto-administré en ligne, du 24 février au 3 mars 2025, auprès d’un échantillon de 1561 individus représentatifs de la population française âgée de 15 à 24 ans. L’échantillon a été formé grâce à la méthode des quotas, en considérant les critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Le panel a été soumis à un questionnaire auto-administré en ligne via le système CAWI (Computer Assisted Web Interview) entre le 24 février et le 3 mars 2025.

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