Les cimetières de poids lourds inquiète

Des dizaines de camions sont abandonnés, avec près de 60 carcasses dispersées sur une distance de quelques centaines de mètres. Les cabines sont ouvertes et les moteurs ont été démontés. On observe sur le sol la présence de débris de pneus ainsi que des écoulements d’huile et de carburant. Ces véhicules abandonnés s’accumulent de manière non autorisée dans une zone industrielle de la région parisienne, entraînant des problèmes de circulation, comme l’indique un conducteur travaillant à proximité. « Certains camions restent immobiles en permanence, ce qui perturbe le stationnement. » Il affirme qu’il n’y a pas de place.
À consulter aussi >> Les sanctions américaines gênent déjà les compagnies pétrolières russes
L’emplacement du site se trouve à proximité immédiate du vaste marché de Rungis, par lequel passent quotidiennement des milliers de camions de transport. D’après un autre conducteur, apparemment, certaines entreprises ont adopté des pratiques néfastes depuis de nombreuses années : en cas de panne d’un camion, ils le laissent simplement sur place. Il s’agit d’une casse de poids lourds. Une casse qui attire la convoitise. Certains individus viennent chercher des composants.
La majorité des camions sont enregistrés en France, arborant parfois des enseignes d’entreprises françaises sur leurs remorques. Les équipes de France Télévisions ont réussi à contacter l’un des transporteurs par téléphone. Il soutient que le camion n’est plus sa propriété. Quelle est la raison derrière l’accumulation des poids lourds ? Selon les syndicats de transporteurs, il s’agit d’une pratique déviante visant à réaliser des économies, car ces entreprises ne sont souvent pas assurées. Selon Stanislas Baugé, secrétaire fédéral de la FNTL FO UNCP, il est plus économique pour eux d’abandonner les camions plutôt que de les réparer, parce que les coûts de réparation peuvent rapidement atteindre 20 000, 30 000 euros, voire davantage.
Lors des derniers mois, il semble que ce phénomène se soit intensifié, entraînant également des préoccupations environnementales. L’entreprise chargée de la gestion d’une zone industrielle privée exprime son incapacité et sollicite l’intervention des autorités pour contrer cette pratique répandue. Selon elle, seuls les organismes de maintien de l’ordre sont habilités à autoriser la saisie d’un véhicule dont vous n’êtes pas le propriétaire. En réalité, le temps nécessaire pour traiter ce type de demande est assez imprévisible et peut s’avérer très long”, souligne Jonathan Sebbane, directeur général de Sogaris.
D’après les syndicats des transporteurs, cette pratique illicite est en expansion dans diverses zones industrielles à travers la France.
<:-- https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/transports-le-phenomene-des-cimetieres-de-poids-lourds-inquiete_7649810.html -->