La Suède se prépare dans l’éventualité d’une guerre

En Suède, il est crucial de préparer la société à l’éventualité d’un conflit armé, et l’organisation des funérailles est un élément intégré à cette stratégie de préparation. Les services funéraires sont considérés comme faisant partie des activités essentielles qui doivent maintenir leur fonctionnement, selon les explications de Jan-Olof Olsson, responsable de l’orientation stratégique et de la planification à l’Agence pour la défense civile, cité par le journal Le Monde.
Afin de se baser sur des données tangibles, une estimation statistique a été formulée : jusqu’à 5 % de la population pourrait être affectée, ce qui équivaudrait à 500 000 individus. Cette directive a été transmise aux paroisses, car en Suède, la gestion des cimetières est de la compétence de l’Église luthérienne évangélique. L’objectif est de pouvoir bénéficier des surfaces disponibles si nécessaire.
A lire également >> Se lever tôt pour les adolescents ne serait pas bon
En mai dernier, une simulation à grande échelle a été effectuée, se distinguant par un degré de réalisme impressionnant. L’exercice Aurora 26, mené dans le cadre de l’OTAN, a impliqué la participation de 18 000 soldats provenant de 13 pays différents. Durant cet exercice, la Suède a mis en scène des simulations de transport et d’inhumation de soldats décédés au combat. À Väddö, situé le long de la mer Baltique, s’est déroulé un événement marquant : la Suède étant en conflit, le terrain attenant à la modeste église a été utilisé comme lieu de sépulture temporaire pour les soldats engagés dans la bataille.
L’aumônier militaire Jenny Ahlén explique au journal suédois Dagens Nyheter que les soldats s’entraînent à envisager le pire scénario imaginable, à savoir l’inhumation de leurs camarades tombés au combat, un rituel qui doit être exécuté de manière prompte, respectueuse et honorable.
Dans le cadre de cette activité, 500 sacs mortuaires ont été transportés. Le réalisme était porté à son paroxysme : les sacs exsudaient une odeur de cadavre ! Durant cette cérémonie funèbre fictive, un hommage a été rendu aux défunts, avec des prêtres saluant le devoir accompli par les soldats. Les employés de l’Église, mobilisés à cet effet, ont également exploré les divers moyens de communication, informant les autorités fiscales responsables de l’état civil, les ambassades des soldats des pays alliés et le Comité international de la Croix-Rouge des combattants des pays ennemis.
Toutes ces actions s’inscrivent dans un contexte plus large : le modèle suédois de défense totale, également appelé « totalförsvar » en suédois. Un concept ancien visant à mobiliser l’ensemble de la société en période de conflit armé. Il avait été inactif depuis la fin de la guerre froide, mais suite à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et plus particulièrement à la guerre en Ukraine en 2022, il a été réactivé.
Une doctrine renforcée par l’adhésion de la Suède à l’OTAN en 2024, marquant ainsi la fin de sa tradition de neutralité. Le pays n’a pas été en guerre depuis plus de deux siècles, cependant il aspire à être préparé. La guerre en Ukraine illustre un contre-exemple frappant. Selon le prêtre en charge de la coordination des funérailles lors de l’exercice Aurora 26, « l’armée russe ne porte pas une attention adéquate à ses blessés et victimes, ce qui a un impact profondément démoralisant ». En revanche, la Suède cherche à démontrer à ses citoyens que l’État saura rendre hommage aux victimes.
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
