L’Assemblée nationale adopte a un poil prés le budget de la Sécurité sociale

Il s’agit d’une importante victoire politique pour Sébastien Lecornu. Le mardi 9 décembre, les parlementaires ont approuvé de manière marginale le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour l’année 2026, ce qui a permis au Premier ministre de réussir son objectif de compromis dans une Assemblée sans majorité, sans avoir besoin d’utiliser l’article 49.3. Le projet de loi a été approuvé par la Chambre basse du Parlement avec 247 voix en faveur, 234 voix contre et 93 abstentions, incluant la suspension de la réforme des retraites.
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Cependant, le processus budgétaire n’est pas encore achevé pour le gouvernement, qui doit faire face à de nouvelles étapes délicates au Parlement d’ici le 31 décembre. Le budget de la Sécurité sociale doit maintenant retourner au Sénat, où il sera examiné en commission dès mercredi, puis en séance plénière le vendredi. Par la suite, il devra retourner une ultime fois à l’Assemblée, dans les meilleurs délais, afin d’être adopté de manière définitive. Les députés auront ainsi le pouvoir de décision final.
Sébastien Lecornu a exprimé sa satisfaction mardi soir suite à l’approbation du projet de loi relatif au réseau social X, soulignant qu’il s’agissait d’un résultat obtenu après des débats rigoureux, sans recours à l’article 49.3, et grâce à une majorité responsable démontrant que le compromis va au-delà d’un simple slogan. Le Premier ministre a exprimé le souhait de commencer dès le lendemain, c’est-à-dire mercredi, à œuvrer pour l’approbation du budget de l’État, le projet de loi de finances (PLF), qui est en cours d’examen au Sénat et qui doit être soumis au vote le 15 décembre. Sébastien Lecornu a jugé cette tâche difficile.
Le résultat du vote sur le budget de la Sécurité sociale était hautement incertain en raison du refus exprimé par Les Républicains et Horizons de soutenir le texte, malgré leur appartenance au camp gouvernemental. Les leaders des parlementaires de ces partis, à savoir Laurent Wauquiez et Paul Christophe, avaient encouragé leurs membres à s’abstenir. Ce dernier a critiqué le budget en le jugeant inadéquat pour les défis actuels, dénonçant un texte dépourvu d’équilibre et de vision.
En revanche, le Parti socialiste a apporté son soutien au PLFSS, ce qui était autrefois considéré comme improbable pour un parti d’opposition, mais a été rendu possible grâce aux concessions faites par le gouvernement. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a déclaré lors de son discours à la tribune que « nous assumons d’avoir, par la négociation, par la recherche du compromis dans un rapport de force, parfois dur, toujours exigeant, nettoyé le musée des horreurs ».
Le gouvernement a récemment pris plusieurs mesures pour apaiser les écologistes, qui ont décidé à la dernière minute de s’abstenir massivement lors du vote. Un amendement visant à augmenter l’objectif des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) d’environ 3 % au lieu de 2 % a été adopté mardi après-midi dans l’hémicycle. Cette décision a principalement été prise pour officialiser le renoncement à l’augmentation des franchises médicales, qui représentent le reste à charge des patients, notamment pour les médicaments.
