Drame humanitaire de Gaza : l’isolement diplomatique d’Israël s’amplifie

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Une position ferme, accompagnée d’une menace de « prendre des mesures concrètes si Israël ne met pas un terme à sa nouvelle offensive militaire et ne lève pas ses restrictions sur l’aide humanitaire ». Finalement, ils se déclarent « prêts à reconnaître un État palestinien », en fixant un rendez-vous aux Nations unies en juin, lors d’un sommet sur la solution à deux États que la France présidera avec l’Arabie saoudite.
La réponse de Benyamin Nétanyahou est une « immense récompense » offerte au Hamas, qui reprend ainsi une rhétorique devenue couramment utilisée, selon laquelle toute proposition concernant l’avenir des Palestiniens serait un « cadeau » fait au terrorisme.
C’est principalement un exemple de l’évolution de la situation diplomatique au fil des mois. Emmanuel Macron, qui a annoncé qu’il envisageait de reconnaître un État palestinien, semble avoir rallié ses homologues britanniques et canadiens. Il est également possible de remarquer l’apparition de ce nouvel axe Paris, Londres, Ottawa, qui est déjà très actif sur le dossier ukrainien et qui gagne en importance en raison de la position unique des États-Unis dans les relations internationales.
Washington, qui continue de soutenir fermement son allié israélien, multiplie les actions contre Benyamin Nétanyahou, démontrant ainsi que ses propres intérêts sont plus importants que tout. Un otage a été libéré directement avec le Hamas, tandis que la sécurité en mer Rouge a été négociée directement avec les Houthis du Yémen. Le Premier ministre israélien considère la reprise des négociations avec l’Iran comme un affront, tout comme l’entretien de Donald Trump avec le nouveau président syrien la semaine dernière, à Riyad. Personne n’a d’ailleurs manqué de constater que le président américain n’a pas fait étape en Israël lors de sa tournée dans le Golfe, et que la visite de son vice-président J.D. Vance, prévue pour cette semaine, a disparu de l’agenda.
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Autant de manifestations de l’isolement diplomatique de Benyamin Nétanyahou, lui aussi très contesté en Israël, où sa stratégie de guerre totale suscite une grande colère parmi la population, plutôt favorable à des négociations pour libérer les derniers otages retenus à Gaza. Le Premier ministre, accablé par les affaires judiciaires, semble accorder une importance primordiale à sa survie politique, en cédant aux sirènes des voix les plus extrémistes de son gouvernement, qui ont un poids politique excessif et peuvent à tout moment renverser sa coalition.
Un cynisme tragique, seulement surpassé par celui des dirigeants du Hamas, qui, derrière la barbarie du 7 octobre 2023, n’ont que du sang et des larmes à offrir à leur population, et qui ne recherche aujourd’hui le cessez-le-feu que pour pouvoir l’utiliser comme un trophée pour avoir survécu à la guerre. À l’intérieur de ce champ de ruines, 2 millions de personnes souffrent de faim, tandis que les voix de la paix sont plus timides que jamais.
