En Cisjordanie, des habitants assistent à la colonisation de leur village par l’armée Israélienne

En Cisjordanie, des habitants assistent à la colonisation de leur village par l'armée Israélienne
Dans un contexte où Mahmoud Abbas doit se rendre à l’Élysée le mardi 11 novembre, il est observé que, en Cisjordanie occupée, les exactions perpétrées par les colons israéliens atteignent un degré d’intensité inédit. Avec un total de deux cent soixante-quatre attaques enregistrées en octobre 2025, il s’agit du mois le plus marqué par la violence depuis le début du suivi de ces exactions par l’Organisation des Nations Unies en 2006. Ces actes de violence précèdent fréquemment l’annexion des terres palestiniennes, à l’instar de ce qui se produit dans le village bédouin d’Umm al-Khair, localisé dans les collines au sud d’Hébron.

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Vers la fin du mois d’octobre, les autorités israéliennes ont apposé un ordre définitif de démolition sur la porte de Salem. Avec un regard sombre, il articule à voix basse qu’il dressera une tente, si nécessaire, afin de demeurer à son domicile. Il observe ses enfants, dont l’agitation sur les balançoires du centre communautaire d’Umm al-Khair est manifeste, ce dernier étant également exposé à une menace de démolition. Ce centre constitue un élément vital, voire indispensable. On dénombre notamment la présence d’une clinique et d’un jardin d’enfants… « Le détruire s’apparente à une automutilation », déplore Salem.

La colonie de Karmael, dont le statut est illégal en vertu du droit international, se situe à cinquante mètres. Établie en 1981, elle domine l’aire de jeux destinée aux enfants, lesquels, selon les propos d’Eid Hathaleen, engagé pour la sauvegarde de son village, « viennent ici pour jouer, reçoivent des soins de santé ». Il est impératif d’entreprendre des actions visant à prévenir sa destruction, laquelle impacterait l’ensemble de la communauté, soutient-il. Selon Eid Hathaleen, il apparaît primordial de souligner que « l’idée derrière toutes ces démolitions, c’est de raser ce centre communautaire et ces maisons pour créer un espace ouvert entre la grande colonie, et le nouvel avant-poste ». De ce fait, les Palestiniens seraient privés de tout lieu d’habitation.

Le nouvel avant-poste, considéré comme illégal au regard du droit israélien, se compose de plusieurs caravanes installées il y a un mois par des colons, à proximité immédiate du centre communautaire et de la maison de Salem. Depuis lors, le village se trouve encerclé, selon les dires de son maire, Khalil, dont le frère a été victime d’un assassinat perpétré par un colon en juillet dernier. Le maire considère qu’il est tenté de réduire les services, d’initier des démolitions, de réaliser des arrestations, de perpétrer des agressions, et ce, jusqu’à obtenir un départ silencieux.

Pendant qu’un véhicule de l’armée israélienne effectue une patrouille dans le village, Khalil dénonce l’implication des forces armées, qui contribueraient, selon ses dires, à la continuation de la colonisation. « Actuellement, les colons opèrent en bénéficiant d’une impunité totale. » L’armée et la police mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition afin d’assurer leur protection. Sur le terrain, ces acteurs étendent leurs avant-postes et s’approprient les terres palestiniennes, en l’absence de tout contrôle.

En dépit des multiples contestations judiciaires intentées par la communauté d’Umm al-Khair, plus de cent cinquante personnes sont actuellement dans l’attente de l’arrivée des bulldozers.

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