La France lance un satellite militaire de dernière génération

La France lance un satellite militaire de dernière générationLa France a lancé, samedi 23 octobre, un satellite de communication militaire présenté par l’armée comme un bijou de technologie et un pilier de sa souveraineté, témoin parmi d’autres que les tensions géopolitiques s’exportent désormais jusque dans l’espace.

La fusée Ariane 5 a décollé de Kourou, en Guyane, en emportant le satellite 4A du programme Syracuse, qui permettra aux armées françaises déployées dans le monde entier de communiquer à haut débit et en toute sécurité depuis des relais au sol, aériens, marins et sous-marin.

S4 est aussi protégé contre les impulsions électro-magnétiques qui résulteraient d’une explosion nucléaire, explique à l’AFP Marc Finaud, expert en prolifération des armes au Centre Politique de Sécurité de Genève (GCSP). « C’est le scénario de l’ultime avertissement, en cas d’échec de la dissuasion. »

Le programme Syracuse représente un investissement total de quelque 4 milliards d’euros. La Direction générale de l’armement s’est engagée avec Thalès à hauteur de 354 millions d’euros et avec Airbus pour 117 millions pour le seul Syracuse 4. À terme, la France disposera de 400 stations capables de communiquer avec S4 depuis le sol, un aéronef, un navire ou un sous-marin, selon la DGA.

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Car, la dissuasion nucléaire française repose très largement sur ses sous-marins, rappelle Marc Finaud, expert en prolifération des armes au Centre de politique de Sécurité de Genève (GCSP). « Si un adversaire est capable de modifier, pirater, endommager les communications avec les sous-marins, c’est la fin de la dissuasion. »

Le déploiement du satellite, prévu de longue date, tombe à point nommé alors que la France pousse son projet de souveraineté européenne en termes de défense. La France, qui dispose d’espaces maritimes souverains sur toutes les mers du globe, ne peut se passer d’une assise technologique puissante. « Cela crédibilise l’ensemble de son outil militaire, de même que sa capacité industrielle».

Quelques semaines après l’humiliation reçue par l’Australie, qui a renoncé à un immense contrat de sous-marins français au profit de submersibles américains, fragilisant d’autant la puissance française en Indopacifique, le satellite S4 redonne un peu de fierté à la bête blessée.

« Politiquement, c’est la mise en évidence que la France reste une puissance peut-être moyenne, mais dont l’étendue d’action reste internationale », veut croire Xavier Pasco.

Avec ses deux milliards d’euros d’investissements annuels dans le spatial militaire et civil, l’Hexagone reste loin du trio de tête : 50 milliards pour les États-Unis, 10 pour la Chine et 4 pour la Russie, selon des chiffres de 2020 du gouvernement français. Mais S4 permet à la France de rester dans le peloton de tête et confirme que la frane participe bien à la course aux armements.

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