Les députés approuvent la création d’un “réseau France Santé”

Le 9 novembre, l’Assemblée nationale a voté en faveur de l’établissement d’un « réseau France Santé », une initiative présentée par le Premier ministre Sébastien Lecornu dès qu’il est devenu Premier ministre. Ce mécanisme, dont l’objectif est d’optimiser la disponibilité des soins médicaux sur le territoire, a été validé lors du premier vote par 138 voix pour et 104 voix contre en dépit de la désapprobation des parlementaires de gauche qui le jugent nettement insuffisant.
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Le réseau de maisons France Santé sera principalement constitué d’infrastructures préexistantes telles que des maisons de santé gérées par des médecins libéraux, ou des centres de santé où des médecins salariés pratiquent. Dans certaines régions reculées, il a été souligné par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors des discussions sur la partie « dépenses » du projet de budget de la Sécurité sociale, que les pharmacies pourraient assumer cette fonction, à condition qu’elles mettent en place des services d’accès aux soins tels que les téléconsultations.
Selon le document, une enveloppe budgétaire de 130 millions d’euros est allouée au programme, avec pour ambition déclarée par Sébastien Lecornu d’établir 2 000 maisons France Santé d’ici l’été 2026, puis 5 000 d’ici 2027. L’attribution du label France Santé sera soumise à des conditions spécifiques, telles que la disponibilité obligatoire d’un médecin et d’une infirmière, l’absence de pratique de dépassement d’honoraires, ainsi qu’une ouverture minimale de cinq jours par semaine… Dans le but global de garantir un accès aux soins pour l’ensemble de la population française, avec une attente maximale de 48 heures pour une consultation et de 30 minutes de trajet depuis le domicile du patient. La ministre a confirmé que les structures intégrées à ce réseau bénéficieront d’une allocation d’environ 50 000 euros.
L’amendement a été approuvé par une grande partie des membres du parti au pouvoir ainsi que par le Rassemblement national, qui s’est montré prudent mais désireux de confirmer l’octroi de l’« enveloppe supplémentaire de 130 millions d’euros », comme l’a souligné Matthias Renault. En revanche, la gauche a vivement critiqué la proposition du gouvernement. Hadrien Clouet, membre de La France insoumise, a déclaré : « En labellisant des structures déjà existantes, on ne résout pas le problème des déserts médicaux. » De son côté, Hendrik Davi, ancien membre de La France insoumise et actuellement membre du groupe écologiste, a mis en garde en soulignant : « En intégrant à France Santé des établissements publics, des établissements privés à but non lucratif et des établissements privés à but lucratif, on risque d’aggraver la financiarisation du secteur avec les fonds alloués. »