Sophie Binet mise en examen : Marylise Léon (CFDT) dénonce “une tentative d’intimidation”

Sophie Binet mise en examen : Marylise Léon (CFDT) dénonce
Marylise Leon

Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, a exprimé des critiques le mardi 9 décembre sur franceinfo, qualifiant l’incident de « tentative d’intimidation ». Parallèlement, Sophie Binet, sa homologue à la CGT, a été mise en examen une semaine auparavant pour injure publique, après ses propos qualifiant les dirigeants d’entreprises de « rats qui quittent le navire » animés uniquement par « l’appât du gain ». Elle répondait aux déclarations du PDG du groupe LVMH, Bernard Arnault, selon lesquelles la taxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, envisagée dans le projet de budget 2025, favorisait la délocalisation.

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Cette décision de justice a provoqué des réactions intenses au sein du milieu syndical. Il est de mon devoir d’apporter mon soutien à Sophie Binet en cette période. Engager une telle action en justice à l’encontre d’une représentante syndicale constitue une forme de tentative d’intimidation. Marylise Léon a affirmé que dans un régime démocratique, les syndicats représentent des contre-pouvoirs bénéficiant d’une liberté d’expression à laquelle elle accorde une grande importance.

La secrétaire générale de la CFDT a pris la défense de Sophie Binet en soulignant que les propos tenus par la cheffe de file de la CGT étaient simplement une expression ou un dicton. Marylise Léon a exprimé son inquiétude quant au fait qu’une responsable syndicale puisse être mise en examen pour de tels propos.


Sophie Binet
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, mise en examen pour avoir comparé de grands patrons menaçant de délocaliser à des « rats » qui « quittent le navire », selon ses déclarations sur France Inter le 2 décembre. Fin janvier, elle avait critiqué les propos de Bernard Arnault sur la surtaxe gouvernementale, le qualifiant de représentatif du comportement des grands patrons qui nuisent à la France. Je veux dire : « Les rats quittent le navire. »

Ethic, présidée par Sophie de Menthon, avait porté plainte contre Sophie Binet pour “injures publiques” en raison d’un « jugement de valeur négatif sur les chefs d’entreprises ».

« J’ai appris ma mise en examen suite à ces propos. » J’étais choquée en faisant mon travail de syndicaliste : dénoncer les délocalisations, les inégalités de richesse, les impôts des milliardaires et leur responsabilité envers l’emploi et le bien-être du pays, a réagi Sophie Binet. « Son expression : ‘une image populaire’, dit la secrétaire générale de la CGT. » Elle estime crucial de pouvoir s’exprimer librement dans les discussions publiques.

Sophie Binet maintient que « la France est handicapée par les multinationales ». Cependant, elle affirme que par rapport à l’Allemagne, notre économie a moins d’entreprises de taille intermédiaire et plus de multinationales qui ne se soucient pas de l’emploi en France. Ces multinationales françaises maltraitent leurs sous-traitants, notamment dans l’automobile avec Renault et Stellantis qui licencient et ferment leur sous-traitance sans assumer leur responsabilité envers l’emploi en France, préférant faire du chantage à la délocalisation. « Un handicap pour l’économie française », insiste-t-elle.

« Je trouve grave qu’on ne puisse plus tenir ces propos dans les médias sans être attaqué en justice », déplore la patronne de la CGT.

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