La climatisation est quasiment absente des établissements scolaires

La climatisation est quasiment absente des établissements scolaires
L’école surchauffe pour la deuxième fois cette année. Après une explosion du thermomètre fin mai, une vague de chaleur s’installe en France. Météo-France a placé 53 départements en vigilance orange « canicule » le vendredi 19 juin. Une alerte rouge est prévue pour dimanche et lundi, selon le prévisionniste Patrick Marlière sur franceinfo.

Devant ces températures extrêmes, l’adaptation des écoles est cruciale. En effet, les canicules, de plus en plus fréquentes, précoces et intenses à cause du réchauffement climatique, se superposent de plus en plus aux examens et aux cours.

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Les épreuves orales de français et le grand oral du baccalauréat pourront être reportés localement, a annoncé mardi le ministre de l’Éducation nationale. Certains établissements scolaires pourraient fermer en cas de chaleur, selon le plan ministériel. En 2025, plus de 2 000 écoles ont fermé partiellement ou totalement en raison des températures élevées entre juin et juillet, d’après le ministère.

Ces réponses restent à court terme. En attendant la rénovation thermique, de nombreuses écoles installent des équipements pour rafraîchir les salles.

À Nice, dans son école élémentaire, Thierry Pajot apprécie d’avoir la climatisation dans toutes ses classes, ce qui lui permet de travailler sereinement à une température maximale de 24 °C, malgré les éventuelles critiques.

En 2021, l’Ademe a noté que 7 % des surfaces des bâtiments scolaires et 64 % des bureaux sont climatisés. Au sud de la France, la climatisation est plus répandue dans les écoles, selon Thierry Pajot. «À Ajaccio, c’est courant. » « Souvent, seules certaines salles seront climatisées », souligne l’urbaniste Clément Gaillard.

D’après Thierry Pajot, c’est un choix dicté par la politique et les budgets des collectivités. Les bâtiments scolaires appartiennent aux mairies (pour les écoles), aux départements (pour les collèges) ou aux régions (pour les lycées). Le maire de Templemars envisage d’installer la climatisation et des stores extérieurs dans une école du Nord. Coût estimé : 160 000-170 000 euros. « Les comptes montrent l’impossibilité. » Pierre-Henri Desmettre a dépensé 230 000 euros pour des aménagements dans cette école en quatre ans, confie-t-il à France 3 Hauts-de-France.

Pour économiser, certaines communes comme Billère (Pyrénées-Atlantiques) optent pour des climatiseurs mobiles moins efficaces et plus bruyants. Le Supap-FSU a demandé à la mairie de Paris d’installer des climatiseurs pour assurer des espaces frais.

Dans les établissements scolaires, la climatisation est rare, sauf dans les cuisines et les salles informatiques, selon Hugues Poirier du Snupden-FSU. Les collectivités ne sont pas prêtes à une telle consommation d’énergie. Pensez à une école avec une quarantaine de classes ! Il faudrait que cela soit alimenté par une éolienne sur le toit… Certains établissements utilisent déjà des panneaux solaires.

La climatisation nuit à l’environnement, en plus d’être coûteuse. En 2025, le Cerema a indiqué que les systèmes de refroidissement des climatisations consomment 10 % de l’électricité mondiale et sont responsables de plus de 12 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Agence internationale de l’énergie. Ils élèvent aussi la température extérieure en rejetant de l’air chaud des bâtiments, contribuant ainsi à l’aggravation des îlots de chaleur en ville.

Je ne pense pas qu’il soit judicieux d’habituer les enfants à la climatisation dans leur éducation à l’environnement. Frédéric Leturque, maire d’Arras et vice-président de l’Association des maires de France en charge de l’éducation, souligne leur habitude de l’avoir dans la voiture, potentiellement dans leur maison. Les brise-soleil installés sont plus efficaces pour éviter la surchauffe d’un bâtiment, selon lui et le Cerema.

« Actuellement, les protections solaires et les brasseurs d’air sont les solutions les plus efficaces et résilientes. » Le Cerema a publié un rapport sur l’école et le réchauffement climatique.

L’établissement public conseille d’utiliser la climatisation en dernier recours, après avoir réduit les apports thermiques internes, favorisé les méthodes passives de rafraîchissement et protégé le bâtiment du soleil. La clim peut nuire à la santé, selon le Cerema : risque de choc thermique en cas de grande différence de température entre intérieur et extérieur, et de problèmes d’air avec un système de ventilation inadéquat ou mal entretenu.

Thierry Pajot estime que les brasseurs d’air ne sont pas la solution idéale, ils sont utilisés dans son école au printemps, en avril et en mai. C’est pour quand il fait moins chaud. Hugues Poirier a dû bricoler cette année en achetant dix ventilateurs pour 300 euros sur le budget de l’établissement. Le département ne soutient pas les « petites dépenses ».

Pour protéger durablement élèves et personnels, Edouard Geffray préfère que nos 60 000 établissements scolaires soient parfaitement isolés. D’après l’Éducation nationale, trois milliards d’euros seront alloués de 2023 à 2027 pour soutenir les collectivités dans des travaux importants.

En 2023, Macron a initié un plan pour rénover 40 000 écoles d’ici 2034, avec l’aide du « Fonds vert ». En deux ans, 5 000 d’entre elles auraient été rénovées, d’après le gouvernement. Cependant, Frédéric Leturque souligne que ce fonds a récemment « fondu ».

L’État doit comprendre qu’on ne peut pas avancer plus vite que la musique tout en vidant les poches des intercommunalités. Frédéric Leturque, président de la communauté urbaine d’Arras.

Les coûts de rénovation énergétique sont élevés pour les collectivités, les contraignant à une approche prudente, selon le rapport du Cerema. Cette approche pragmatique peut être plus coûteuse et moins efficace qu’une rénovation globale.

D’après Guillaume Perrin, directeur d’Actee, environ 70 % des écoles ont été construites de 1950 à 1970, après-guerre, sans les meilleures performances énergétiques. Le collège d’Hugues Poirier, construit il y a 50 ans, est actuellement « en phase d’étude pour être reconstruit ».

Depuis le XIXᵉ siècle, la Terre s’est réchauffée de 1,3 °C. Les scientifiques ont confirmé que cette augmentation est causée par les activités humaines utilisant des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Ce réchauffement rapide menace nos sociétés et la biodiversité. Des solutions existent : énergies renouvelables, sobriété, moins de viande. Explorez nos réponses sur la crise climatique.


(Article reformulé à l’aide d’IA)

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