La Suisse dépité après l’annonce des droits de douane américains de 39%

Elle figure parmi les principales victimes des droits de douane américains. Le jeudi 31 juillet, la Suisse a subi une surtaxe de 39 % sur ses exportations destinées aux États-Unis, ce qui représente le taux le plus défavorable en Europe. En dépit de tous les efforts du gouvernement fédéral pour ménager Donald Trump, ce dernier a signé le décret instaurant la mise en œuvre de ces droits de douane à partir du 7 août. La Suisse, dont une proportion significative de l’économie repose sur les États-Unis, trouve la pilule difficile à avaler.
À lire >> Le gouvernement dévoile davantage ses plans pour inciter les Français à travailler plus
Berne avait l’espoir d’obtenir 10 %, voire au maximum 15 %, à l’instar de l’Union européenne. Ces 39 %, qui représentent un désastre pour l’économie suisse, n’ont été crues par personne. En effet, 20 % des exportations nationales sont destinées aux États-Unis. De plus, les Suisses figurent parmi le sixième rang des investisseurs étrangers aux États-Unis. Donald Trump privilégie la balance commerciale, et pour ce qui est des marchandises, elle est grandement en faveur de la Suisse.
Selon Samuel Bendahan, le coprésident du groupe socialiste au Parlement, le fait de cajoler le président américain, à l’instar du gouvernement, n’aura donc eu aucun effet. « Évidemment, l’Union européenne a fait preuve de plus de vigueur que la Suisse en répondant dès le début. » « Il est pénible d’admettre qu’un pays tel que le nôtre se plie devant Donald Trump et se retrouve ensuite à faire face aux répercussions les plus sévères liées aux droits de douane », se lamente-t-il.
Ainsi, les domaines de l’horlogerie, de la chimie, de la pharmacie et de l’industrie des machines sont confrontées à une forte proportion d’inquiétude. « Le gouvernement suisse a exprimé son regret concernant les nouveaux tarifs douaniers, en déclarant simplement qu’il « prend note » de cette situation ». « La Suisse a toujours été et continue d’être en lien avec les services compétents des États-Unis.» « Elle continue de chercher une solution négociée qui respecte l’ordre juridique suisse, y compris les obligations internationales », a noté le Conseil fédéral sur le réseau social X vendredi dernier, exprimant son espoir d’une réduction prochaine de ces surtaxes. En ce jour de fête nationale en Suisse, la bourse suisse n’a pas encore réagi. Et pour une fois, la gueule de bois arrive avant les réjouissances.
