“On risque de se retrouver avec des personnes radicalisés travaillant à l’hôpital” indique Patrick Pelloux

On risque de se retrouver avec des personnes radicalisés travaillant à l’hôpital indique Patrick PellouxL’urgentiste Patrick Pelloux, a remis au gouvernement un rapport sur le sujet. Le président de l’Association des médecins urgentistes de France et chroniqueur à Charlie Hebdo et Siné Mensuel Patrick Pelloux a remis, jeudi 3 mars, au gouvernement un rapport sur la prévention et la lutte contre la radicalisation des agents exerçant au sein des établissements de santé. Sept ans après l’attentat de Charlie Hebdo, il a déroulé à Marianne ses conclusions et plaidé pour une prise de conscience de l’urgence de la situation. À l’hôpital, les alertes se multiplient.

En fait, j’ai été alerté fin 2019 de dérives dans le service de radiologie d’un hôpital à Orléans, le médecin faisait dire la prière trois fois par jour aux soignants de son équipe. J’ai fait remonter l’information à Katia Julienne, la directrice générale de l’offre de soins au ministère des Solidarités et de la Santé. C’est elle qui s’est renseignée et m’a rapidement dit qu’il y avait une situation à traiter dans le monde de la santé.

En France, un travail considérable a été réalisé par le ministère de l’Intérieur, par le ministère des Transports, ainsi que dans le ministère de la Jeunesse et des Sports.

Mais, dans le domaine de la santé, rien n’avait encore été fait. Tous les interlocuteurs qu’on a eus nous disent que jusqu’aux années 1980-1990, c’était un phénomène inexistant. Les étudiants en médecine étaient plutôt chez SOS racisme, Médecins sans frontière, ce genre d’engagements là. Au milieu des années 1990, la question du voile surgit à l’hôpital comme ailleurs dans la société, on commence à se poser la question de la présence des religions et même de certaines dérives sectaires dans le milieu hospitalier.

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Ce qu’il faut également comprendre, c’est que le personnel qui travaille à l’hôpital est d’une profonde tolérance et très résilient. Alors quand ils se retrouvent face à ce type de dérives, que ce soit, dans l’islam ou chez les catholiques ou les protestants, ils ne réagissent pas forcément. Pendant nos auditions, une aide-soignante d’un hôpital de l’Ouest nous a confié qu’un de ses collègues, musulman intégriste, faisait du prosélytisme auprès de ses collègues, tâchant de les convertir. On y trouve un certain entrisme, notamment d’un islam conservateur.

La première expression de ces radicalisations dans le personnel hospitalier, extérieur ou chez les aumôniers, c’est le sexisme et l’homophobie, avant l’antisémitisme, qui n’est jamais très loin derrière. Ce genre de problèmes conduit des médecins à refuser de soigner ou d’utiliser certaines techniques, un phénomène heureusement encore très marginal. On a notamment eu le cas d’un médecin qui a refusé de faire une transplantation d’organe, car c’était haram. Arrêtons l’angélisme et réagir dans ce milieu comme nous avons déjà commencé à réagir dans l’éducation ou le sport.

Le sujet du radicalisme est intimement lié à celui de la laïcité. On pense que c’est un principe acquis et définitif, mais c’est une idée usée, particulièrement à l’hôpital.

De plus, on constate malheureusement chez les jeunes générations une réinterprétation du fondement de laïcité dite « ouverte » ou « inclusive ». C’est vrai, certains jeunes ont une vision aménagée de la laïcité.

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Dans les facultés de médecine, on trouve beaucoup d’étudiantes – et beaucoup des converties – qui militent particulièrement pour le voile et qui ont souvent des éléments de langage fournis par des associations cultuelles. Ces prochaines années, on va faire venir des milliers de médecins étrangers pour répondre à la crise du personnel à l’hôpital. Zineb El Rahzoui, qui a traduit des lettres politiques des Frères musulmans, a montré que leur objectif, surtout en France, était d’utiliser le système de protection sociale et de conquérir le système hospitalier.

Il faut une mobilisation pour garantir aux malades l’accès aux soins dans un environnement protégé du prosélytisme, du fondamentalisme et des dérives sectaires. Si l’on ne fait pas attention, on peut se retrouver avec des personnes très dangereuses, radicalisées, à l’hôpital. Des médecins libéraux m’ont contacté en m’expliquant qu’ils rencontraient de plus en plus de problèmes avec leur patientèle et des environnements de plus en plus communautarisés. Il y a aujourd’hui un sujet global sur l’ensemble du sanitaire médico-psycho-social indique le quotidien Marianne.

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