Les personnes âgées sont-elles également dépendantes des écrans ?

Je me souviens encore des paroles de ma mère : « As-tu mal à la tête ? » L’utilisation du téléphone a entraîné cette situation ? Avez-vous obtenu une note basse ? « La raison en est le téléphone », « as-tu des problèmes de sommeil ? » La raison en est le téléphone. Il est probable qu’elle avait raison, cependant actuellement, elle consacre ses soirées à jouer à la belote sur son smartphone et à m’envoyer des vidéos via Instagram. Et elle n’est, de loin, pas la seule !
Sur la plateforme TikTok, de nombreux jeunes taquinent de manière bienveillante leurs parents et grands-parents, à l’instar du vidéaste Dani, qui relate que sa mère devient complètement absorbée lorsqu’elle fait défiler du contenu sur son smartphone, au point de ne plus prêter attention à son environnement sonore.
Des personnes retraitées qui utilisent internet
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Le journaliste Charlie Warzel, qui travaille pour la revue américaine The Atlantic, a mené une enquête sur l’addiction aux écrans chez les personnes retraitées et a recueilli de nombreux témoignages.
Il est rapporté par certaines personnes qu’elles doivent implorer leur mère de mettre son téléphone de côté. Elles prennent conscience que l’attention de leurs parents est absente, que la télévision est constamment allumée à un volume élevé chez eux et qu’ils passent leur temps à faire défiler du contenu sur leur iPad.
Effectivement, les données indiquent une augmentation du temps passé par les personnes âgées devant les écrans. En France, 30 % des individus consultent quotidiennement les réseaux sociaux, tandis que 40 % des personnes âgées connectées reconnaissent ressentir un malaise lorsqu’elles sont privées de leurs appareils.
Peut-on cependant qualifier ce phénomène d’addiction ? Les experts du domaine adoptent une perspective plus nuancée et font référence à des comportements de compensation.
Les écrans sont fréquemment utilisés pour combler le silence, contrer l’ennui, et parfois atténuer la solitude et l’isolement social. Ces comportements ont été exacerbés tout au long de la période de la covid-19.
Il convient cependant de rester vigilant. Au Royaume-Uni, une infirmière spécialisée en gériatrie constate une utilisation compulsive du défilement (scroll) chez les personnes âgées, entraînant des effets négatifs de plus en plus apparents. Elle aborde notamment l’incidence des contenus racistes, des théories du complot et de la défiance à l’égard de la médecine.
