La France en bonne position dans la cyberdéfense

CyberdefenseC’est un rapport qui va faire jaser dans le Landerneau cyber. Dans une étude de 85 pages publiée mi-septembre, le Belfer Center, centre de recherche de la prestigieuse université de Harvard, a osé ce que personne n’avait vraiment tenté: établir un classement des puissances cyber mondiales, à la fois sur l’aspect défensif et offensif.

Israël, unanimement reconnu dans le milieu de la tech comme une grande puissance cyber, termine en dehors du top-10. « Très étonnant vu le niveau de leurs industriels et de leur armée dans le domaine cyber », relève Nicolas Arpagian, directeur de la stratégie d’Orange Cyberdéfense et auteur de La Cybersécurité (PUF).

La France et son équipe d’experts cyber associant l’ANSSI, l’agence de cyberdéfense française, et le ComCyber (Commandement de la cyberdéfense) a remporté en 2019 l’exercice Locked Shields de l’OTAN, le plus grand exercice international de cyberdéfense.

« La France a un bon niveau, mais on a encore beaucoup de retard sur un pays comme le Royaume-Uni, estime Bernard Barbier. Il suffit de regarder les industriels: nous n’avons aucune entreprise cyber française de premier rang mondial. Les Britanniques ont su créer une boîte comme Darktrace, qui allie cyber et machine learning, et s’attaque désormais ouvertement au marché français. »

Bernard Barbier appelait aussi en janvier dernier, dans une tribune au Monde co-signée avec l’ancien chef d’état-major des armées Edouard Guillaud et l’ex-DG d’EADS Jean-Louis Gergorin, à encore muscler les capacités de lutte informatique offensive françaises, et à mettre en place une véritable dissuasion cyber, appelée « cybercoercition ».

« L’excellente doctrine française de lutte informatique offensive, rendue publique en janvier 2019 par la ministre des armées, devrait être explicitement élargie à la protection d’objectifs civils critiques en permettant d’engager aussi une riposte proportionnée à toutes poses d’implants sortes d’agents dormants cyber, NDLR) ou attaques », écrivaient ainsi les trois auteurs.

Une bonne partie des pépites cyber israéliennes (comme CyberArk ou Cybereason) migrent aux Etats-Unis pour lever des fonds et poursuivre leur développement.

Le poids de certains Etats « parias » semble aussi sous-estimé: l’Iran et la Corée du Nord, acteurs majeurs de la guerre cyber, ne figurent pas dans le top-10 général. Après, ce classement s’imposera-t-il comme une référence, comme le guide Parker pour le vin ou le classement de Shanghai pour les universités ?

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