36% des parents légitiment la fessée

36% des parents légitiment la fessée
Image dillustration Justine Claux

Il s’agit des violences éducatives ordinaires, communément désignées par l’acronyme VEO. Selon une étude de la Fondation pour l’enfance publiée le vendredi 17 avril, 36 % des parents justifient l’usage de la fessée à des fins éducatives. La Fondation déplore la persistance de la légitimation des punitions corporelles et la forte banalisation des violences psychologiques.

Selon Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’enfance, il y a eu une légère diminution dans l’utilisation des punitions corporelles. Bien que très minime, à la suite de l’interdiction des violences éducatives ordinaires par la loi du 10 juillet 2019. Cependant, elle déplore le manque de communication et d’information à l’attention des parents et des adultes qui aurait dû suivre.

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Selon les données recueillies dans cette étude sur les pratiques de discipline courantes, 83 % des parents ont admis avoir utilisé des formes de violence verbale (comme les cris et les hurlements) ou psychologique (comme les menaces, le rejet affectif ou l’ignorance) au cours de l’année écoulée, tandis que 37 % ont déclaré avoir eu recours à des violences physiques.

Selon les résultats de cette enquête, 39 % des parents considèrent les punitions corporelles comme légitimes en cas de violence de l’enfant, et 21 % d’entre eux les jugent appropriées en cas de désobéissance. Joëlle Sicamois souligne que tout acte de violence envers un enfant « ne doit pas être pris à la légère ». Lors de la petite enfance, l’enfant apprendra principalement que ses émotions ne sont ni entendues ni considérées. Joëlle Sicamois explique que l’enfant va comprendre que, lorsqu’il est confronté à des émotions qu’il ne parvient pas à contrôler, la réaction de l’adulte est de recourir à la violence physique.

Durant la période de 12 mois précédente, 68 % des parents ont admis avoir élevé la voix ou crié envers leur enfant, 30 % ont reconnu avoir donné une tape sur la main, le bras ou la jambe, et 19 % ont avoué avoir employé des termes dévalorisants tels que « stupide » ou « paresseux ». En somme, 83 % des parents déclarent avoir été confrontés à au moins un acte de violence verbale ou psychologique, et 37 % à au moins un acte de violence physique lors de la dernière année. Quarante pour cent des parents estiment que les châtiments corporels sont un moyen par lequel l’enfant acquiert la notion du bien et du mal.

L’étude met en évidence une distinction significative entre les pères et les mères. En effet, selon l’étude, les hommes sont beaucoup plus enclins à justifier l’utilisation de châtiments corporels : 40 % d’entre eux estiment que certains enfants en ont besoin pour apprendre à se comporter correctement, tandis que ce chiffre est de 25 % pour les femmes. Ces résultats témoignent de divergences importantes dans les conceptions éducatives.
Interdites à partir de l’année 2019.

Ce baromètre révèle la persistance de ces pratiques, même si une certaine sensibilisation est observée : parmi les parents qui considèrent les châtiments corporels comme bénéfiques pour l’éducation des enfants, près de la moitié reconnaissent simultanément les risques de conséquences durables. Diverses solutions sont disponibles pour les parents éprouvant des difficultés récurrentes à contrôler leurs réactions, telles que la consultation de médecins, de centres de protection maternelle et infantile (PMI), de psychologues ou d’autres professionnels de la santé.

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Selon le communiqué de presse de la Fondation pour l’enfance, il est souligné la nécessité d’une sensibilisation accrue concernant le développement de l’enfant… Une amélioration de la compréhension du processus de développement, des besoins émotionnels et des conséquences des violences pourrait contribuer à la prévention des comportements abusifs.

Depuis 2019, une législation connue sous le nom de « loi anti-fessée » a formellement établi dans le code civil que l’exercice de l’autorité parentale doit se faire « sans recours à des violences physiques ou psychologiques ». Grâce à cette législation, la France a rejoint la liste des 56 pays ayant interdit ce type de violence. En janvier dernier, un jugement de la Cour de cassation a souligné que la législation française ne reconnaît aucun droit de correction parentale. Les répercussions de ces actes de violence, s’ils se produisent de manière récurrente, peuvent conduire à des troubles psychologiques tels que la dépression, les troubles alimentaires ou l’anxiété à l’âge adulte.

Deux questions se posent : une fessée méritée et réalisée à bon escient, cela a-t-il déjà causé le décès d’un enfant ? L’autre question est : moins il y a de fessées et plus les enfants semblent être difficiles ?


Méthodologie : l’enquête a été menée par l’IFOP auprès de 1 005 personnes représentatives des parents d’enfants âgés de 0 à 17 ans, interrogées entre le 30 janvier et le 9 février 2026 sur internet.

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