Des magistrats pris pour cible ce sont des “attaques intolérables”

Je désapprouve catégoriquement les attaques racistes et les menaces dirigées contre un magistrat de Bobigny sur les plateformes de médias sociaux. En France, en cas de désaccord avec une décision, il est possible de faire appel. Le ministre de la Justice a exprimé son soutien à Youssef Badr, juge et premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis), dans un communiqué publié sur X le samedi 20 juin. Depuis la condamnation jeudi du fondateur du média identitaire Frontières, Erik Tegnér, il est l’objet d’attaques sur les réseaux sociaux. Gérald Darmanin a souligné que le ministère était aux côtés de cet individu pour lui apporter son soutien.
À consulter >> En vieillissant les saveurs sucrées ont davantage de goût
« Chaque fois qu’un magistrat est personnellement mis en cause ou menacé, le ministère condamne fermement. Critiquer un magistrat est inacceptable, surtout lorsqu’il s’agit de contester une décision relevant de son plein exercice juridictionnel et de son indépendance », a commenté le porte-parole de la Chancellerie vendredi après-midi. Sacha Straub-Kahn a également souligné que la direction des services judiciaires dispose d’un bureau spécifique chargé de surveiller ce genre de situation.
D’un autre côté, la présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, Anne Auclair-Rabinovitch, a manifesté, dans un communiqué diffusé vendredi soir, son « indignation » face aux « attaques intolérables subies par les trois magistrats ayant rendu la décision », et leur a assuré son « entier soutien ».
Anne Auclair-Rabinovitch a déclaré que toute déclaration intimidante ou menaçante, ainsi que toute attaque pouvant mettre en danger les magistrats concernés et constituer une infraction pénale, sera rapportée systématiquement au procureur.
Une déclaration à laquelle le premier président de la cour d’appel de Paris a adhéré de manière complète. Il a fermement condamné les déclarations faites à l’encontre des magistrats ayant pris la décision connue sous le nom de « hors-série Frontières ».
Le jeudi, Erik Tegnér, qui occupe le poste de directeur de Frontières et est également éditorialiste sur CNews, a été condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et à une amende de 10 000 euros pour avoir révélé les informations personnelles d’avocats spécialisés en droit des étrangers, dans le cadre d’une enquête publiée en 2025. Désignés comme des « militants idéologiques » ou des acteurs occultes du désordre migratoire exploitant un « business lucratif », ces avocats ont ensuite été la cible de propos haineux sur les réseaux sociaux et de menaces.
Lors de la lecture du verdict, Youssef Badr, en tant que président de la chambre collégiale du tribunal correctionnel de Bobigny, constituée de trois juges, a mis en avant le fait qu’Erik Tegnér était conscient que la publication pouvait entraîner des comportements violents envers les avocats, qui étaient l’objet d’une rhétorique agressive et d’une liste d’accusations stigmatisantes.
En réponse, Eric Tegnér a immédiatement incité ses proches et ses 98 000 abonnés sur X à « se mobiliser », à travers une vidéo visionnée plus de deux millions de fois. Le vendredi, Erik Tegnér a vivement remis en question, en compagnie de ses partisans, parmi lesquels des personnalités de l’extrême droite, l’impartialité du juge sur les réseaux sociaux, le qualifiant notamment de « militant ouvertement anti-RN ». Le juge a également été l’objet de nombreuses remarques à caractère raciste et islamophobe. Ancien porte-parole du ministère de la Justice, Youssef Badr a récemment acquis une visibilité médiatique, notamment en tant que président de l’association La Courte Echelle et auteur de l’essai intitulé « Pour une justice aux 1 000 visages ». Le samedi après-midi, il a déclaré sur X qu’il avait déposé une plainte auprès du service spécialisé chargé d’identifier toutes les personnes qui le menacent depuis jeudi.
Je viens de déposer une plainte auprès du service spécialisé chargé d’identifier toutes les personnes qui me menacent depuis jeudi.
Je poursuivrai la procédure jusqu’à son terme contre toute personne, qu’elle se manifeste publiquement ou anonymement, qui m’a menacé ou a diffusé des informations erronées.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
